février 2018
Pleins feux sur…

Que feriez-vous?

Le scénario suivant explique vos responsabilités lorsque vous administrez une substance qui a été obtenue dans un autre pays ou qui n'est pas approuvée au Canada.

Bill souffre de sclérose latérale amyotrophique (également connue sous le nom de SLA ou maladie de Lou Gehrig). Bill vit dans une petite ville et reçoit des soins de sa clinique d'accès aux soins communautaires locale. Nancy qui est IP, est sa prestataire de soins primaires.

Bill reçoit également des soins non infirmiers de sa femme Susan et de sa fille, Nikki. Nikki est une IA et aide sa famille lorsqu'elle le peut en faisant son épicerie et en réalisant d'autres types de commission pour elle. Nikki travaille aussi à la clinique communautaire locale.

L'état de santé de Bill se détériore. Il a récemment commencé à utiliser un fauteuil roulant. Il a également commencé à demander plus d'aide lors des repas. Son plan de traitement n'a, à ce jour, pas été efficace, ce qui frustre tout le monde. La famille de Bill a commencé à étudier d'autres options de traitement.

Un traitement potentiel
Au sein de la communauté de la SLA, Susan a entendu parler d'un médicament appelé edaravone. Il n'est pas disponible au Canada et n'est pas approuvé par Santé Canada. Néanmoins, il est en vente aux É.-U., au Japon et en Corée du Sud. Susan espère que ce traitement puisse aider Bill.

Nikki se demande s'il est légal pour un membre de la famille d'acheter le médicament et de le rapporter au Canada. Avec sa mère, Nikki a fait des recherches et a appris qu'il est autorisé de ramener le médicament au pays, en vertu de la Loi sur les aliments et drogues. De part la loi, les drogues non listées sur la liste des drogues d'ordonnance de Santé Canada ou dans la Loi réglementant certaines drogues et autres substances peuvent être ramenées au Canada pour un usage personnel.

Après une discussion en famille, Bill, Susan et Nikki ont décidé d'essayer de se procurer l'edaravone. Bill a reçu une ordonnance d'edaravone d'un médecin aux É.-U. et la famille a importé le médicament au Canada.

À cette étape, Susan a dit à Nikki qu'elle devrait administrer le médicament à Bill, du fait qu'il doit être administré par voie intraveineuse.

Un problème déontologique
Nikki explique à sa mère que l'organisation d'une administration par voie intraveineuse nécessite de se rendre dans une clinique locale, du fait qu'ils n'ont pas l'équipement à la maison. Nikki sait, que conformément à la Norme d'exercice, La relation thérapeutique, édition révisée 2006, elle n'a pas le droit de prodiguer des soins infirmiers à des amis ou aux membres de sa famille à moins qu'il n'y ait aucun autre prestataire de soins disponible. Nikki explique à sa mère qu'une collègue de la clinique pourrait administrer l'edaravone à sa place. Nikki appelle la clinique et prend rendez-vous pour son père.

Lorsqu'ils arrivent à la clinique, Nikki demande à ses collègues, Beth (également IA) et Nancy (IP) d'administrer l'edaravone à son père. Mais Beth et Nancy ne sont pas certaines de pouvoir le faire.

Dilemme de Beth
Beth sait que puisque l'administration d'une substance par injection est un acte autorisé, elle a alors besoin d'un ordre. Elle n'est également pas certaine de ses responsabilités si elle administre un médicament qui n'est pas approuvé par Santé Canada.

Quelle démarche Beth devrait-elle suivre?
Beth consulte la norme d'exercice Médicaments et relève que l'ordre, si Nancy décide d'administrer le médicament, doit être clair, complet et approprié. Elle sait que si l'ordre ne remplit pas tous ces critères, elle ne doit pas l'administrer et concerter Nancy pour la suite.

Beth lit également la norme d'exercice La prise de décisions sur les interventions et relève qu'elle doit être compétente pour pouvoir pratiquer l'intervention et qu'elle doit être capable de gérer des résultats éventuels. 

Dilemme de Nancy
Nancy n'est également pas certaine de savoir comment procéder. Elle sait qu'elle doit d'abord déterminer s'il s'agit d'un plan de soins approprié. Elle ne sait pas non plus si elle devrait donner un ordre pour administrer une substance que Santé Canada n'a pas approuvée.

Quelle démarche Nancy devrait-elle suivre?
Ensemble, Beth et Nancy font des recherches sur le médicament afin de déterminer si elles ont les connaissances, les compétences et le jugement requis pour l'administrer et pour gérer d'éventuels résultats. Elles recueillent des éléments probants en consultant des bases de données pertinentes sur le médicament, des articles scientifiques sur le médicament, des formulaires pharmaceutiques et consultent la politique de leur clinique en ce qui concerne les médicaments.

Nancy et Beth consultent également les normes d'exercice pertinentes, notamment l'arbre décisionnel sur l'administration des médicaments dans la norme Médicaments; la norme d'exercice Normes professionnelles, édition révisée 2002, la norme d'exercice La prise de décisions sur les interventions ainsi que la directive professionnelle Les mécanismes d'autorisation.

Beth et Nancy consultent également la section Ask Practice du site Web de l'Ordre et lisent la FAQ sur l'administration. Elles découvrent que la loi fédérale n'interdit pas l'administration d'un médicament qui a été importé légalement au Canada pour un usage personnel. Elles déterminent également que les IA et les IAA peuvent administrer l'edaravone en présence d'un ordre émis par une IP ou un médecin.

Prendre une décision
Nancy discute finalement avec le client, Bill, et détermine que le médicament est en adéquation avec les souhaits du client et le plan de soins. En suivant les étapes énoncées dans la directive Consentement, Nancy obtient le consentement de l'administration. Nancy donne alors l'ordre à Beth d'administrer le médicament.

Après avoir passé en revue des données probantes sur les pratiques exemplaires et avec l'ordre en place, Beth est convaincue qu'elle a les connaissances, les compétences et le jugement nécessaires pour pouvoir administrer le médicament.

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Vous pouvez trouver des réponses à des questions fréquemment posées sur notre page Ask Practice sur le site Web www.cno.org/ask. Les questions ont été posées par des infirmières et les réponses ont été données par l’équipe de service info-exercice de l'Ordre. La page Ask Practice est régulièrement mise à jour, alors n'hésitez pas à la consulter souvent pour découvrir les nouvelles questions qui ont été ajoutées à la liste.

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