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Brooke Steinhoff (anciennement Rasinaho) 0554998

Allégation et plaidoyer

L’Ordre accuse l’Infirmière de ce qui suit : frotter le sternum de la Cliente ou faire subir à celle-ci d’autres actes d’inconfort physique; recruter ou aider une collègue à pratiquer des frottements du sternum et à donner des petits coups du doigt à la figure et à la tête de la Cliente; ou faire subir à la Cliente d’autres actes d’inconfort physique; intimider ou menacer la Cliente; ne pas intervenir pour protéger la santé et le bien-être de la Cliente lorsqu’une infirmière infligeait à la Cliente de mauvais traitements; et afficher une conduite qui serait jugée honteuse, déshonorante ou peu professionnelle.

L’Infirmière a admis les faits allégués et, de concert avec l’Ordre, a présenté une déclaration écrite au jury du Comité de discipline dans laquelle elle convient des faits suivants.

Exposé conjoint des faits

L’Infirmière travaillait à l’urgence d’un h��pital. La cliente adolescente avait été amenée à l’urgence par la police qui l’avait trouvée, saignant aux poignets, avec un niveau de conscience diminué en raison d’une consommation d’alcool et de drogues. Elle n’avait aucun renseignement identificatoire sur elle et elle n’était pas disposée à donner son nom, ou n’en était pas capable, malgré plusieurs tentatives par le personnel d’obtenir ces renseignements.

L’infirmière chargée de la Cliente, Infirmière A, a légèrement frotté le sternum de la Cliente, car celle-ci ne réagissait ni à la voix ni au toucher. La Cliente a grimacé et a bougé les bras et les épaules, indiquant ce faisant qu’elle était consciente. Infirmière A a cessé de frotter le sternum.

La Cliente était consciente et interagissait avec le personnel, mais ne parlait toujours pas lorsqu’Infirmière A a pris sa pause. Pendant qu’Infirmière A prenait sa pause, l’Infirmière Responsable a demandé au personnel d’éveiller la Cliente pour tenter d’obtenir son nom. L’Infirmière a offert d’aider. L’Infirmière et Infirmière B se sont rendues dans la zone où se trouvait la Cliente. L’Infirmière a pratiqué deux frottements du sternum sur la Cliente, qui ne réagissait ni à la voix ni au toucher, et, ce faisant, a causé un inconfort physique chez la Cliente. Si Infirmière B était appelée à témoigner, elle dirait que la Cliente secouait la tête, résistait, criait et se tortillait. La Cliente n’a pas donné son nom lorsque l’Infirmière le lui a demandé. Les actes de l’Infirmière mettaient Infirmière B mal à l’aise et celle-ci est partie après environ 30 secondes.  

L’Infirmière a ensuite appelé Infirmière C par téléavertisseur pour demander son aide. Infirmière C a frotté le sternum de la Cliente, a donné de petits coups du doigt à la figure et à la tête de la Cliente, ce qui a causé à celle-ci un inconfort physique. L’Infirmière n’est pas intervenue.

L’Infirmière a formulé plusieurs suggestions en présence de la Cliente : elle a proposé de remplacer sa culotte Attends, d’introduire un cathéter, d’appeler la police et de couper ses tresses rasta (la coiffure de la Cliente).  

Si l’Infirmière était appelée à témoigner, elle dirait qu’elle a soulevé la possibilité d’appeler la police en raison du jeune âge de la Cliente, et qu’elle a parlé de coupe de cheveux, car elle avait une amie qui avait été obligée de se faire couper les cheveux pour se défaire de ses tresses rasta.

Tout au long de cette période, l’Infirmière et Infirmière C ont demandé à la Cliente de s’identifier. La Cliente pleurait et n’a pas répondu. L’Infirmière et Infirmière C sont parties.

Lorsqu’Infirmière A est revenue de sa pause après une quarantaine de minutes, le rythme cardiaque de la Cliente dépassait 130 battements par minute. Elle était bouleversée, elle criait, elle avait difficile à respirer et ne parvenait pas à prendre son souffle. Elle a été transférée à l’unité de santé mentale, où un examen physique a été fait. Le sternum de la Cliente était meurtri et douloureux au palper après avoir fait l’objet d’au moins six frottements du sternum par Infirmière A, Infirmière C et l’Infirmière.

Déclaration de culpabilité

Le jury avait des doutes quant à l’établissement du bien-fondé des allégations par l’exposé conjoint des faits. Après avoir obtenu plusieurs exposés et l’avis d’un avocat indépendant, le jury a rendu certaines déclarations de culpabilité de faute professionnelle.

Le jury n’a rendu aucune décision de faute professionnelle relativement à la part des allégations selon laquelle l’Infirmière avait aidé une collègue à pratiquer des frottements du sternum, à donner de petits coups du doigt à la figure ou à la tête de la Cliente, ou à faire subir à la Cliente d’autres actes d’inconfort physique, mais le jury a conclu que l’Infirmière avait recruté une collègue pour le faire.  

Le jury a conclu que, même si le recrutement d’une collègue pour pratiquer ces actes d’inconfort physique à des fins non cliniques équivalait à un manquement aux normes, il n’équivalait pas à des mauvais traitements verbaux, physiques ou affectifs infligés à un client, car le geste visait une collègue et non la Cliente.

À la lumière des faits, le jury a déclaré l’Infirmière coupable de faute professionnelle relativement aux allégations résiduelles. L’Infirmière a enfreint les Normes professionnelles, ainsi que les normes sur la Relation thérapeutique et la Déontologie infirmière. Elle a infligé à la Cliente des mauvais traitements verbaux, physiques ou affectifs. Elle a affiché une conduite peu professionnelle.

Exposé sur la décision

L’Ordre a recommandé une réprimande verbale et une suspension de trois mois. L’Infirmière devra effectuer des activités de réadaptation spécifiées en prévision d’une série de rencontres avec une experte en soins infirmiers. Pendant 12 mois à compter de la date à laquelle la suspension de l’Infirmière prend fin, l’Infirmière devra tenir l’Ordre au courant de ses employeurs, fournir à ses employeurs une copie de la décision et des motifs du jury, et travailler uniquement pour le compte d’employeurs qui accepteraient d’aviser l’Ordre de tout manquement aux normes de la profession.

Décision du jury

Le jury a accepté l’exposé conjoint sur la décision, qu’il juge raisonnable et dans l’intérêt public. L’Infirmière a collaboré avec l’Ordre et, en convenant des faits et de la peine proposée, a assumé la responsabilité de ses actes. Le jury estimait que la peine imposée exerçait les rôles de dissuasion générale et précise, prévoyait la réadaptation de l’Infirmière et protégeait la population.

La gravité de la conduite affichée par l’Infirmière était réputée constituer un facteur aggravant. Sa conduite constituait un abus de confiance important et troublant dans le contexte de la relation thérapeutique. Le fait que l’Infirmière a collaboré avec l’Ordre, avoué ses actes, reconnu le caractère inacceptable de ses gestes et accepté de participer à des activités de réadaptation est considéré comme facteur atténuant.

Page mise à jour le 28 septembre, 2010