Sur cette page

Joseph John Andrew 9318189

Allégations et plaidoyer

L’Ordre accuse l’Infirmier de ce qui suit : ne pas respecter les limites de la relation thérapeutique avec un client; adresser des remarques désobligeantes au client; ne pas consigner correctement au dossier les interactions avec le client; retirer le dossier du client du domicile de celui-ci contrairement aux règles. L’Ordre a soutenu qu’une telle conduite serait jugée peu professionnelle.

L’Infirmier a reconnu sa conduite peu professionnelle et, de concert avec l’Ordre, a présenté une déclaration écrite au jury du Comité de discipline dans laquelle il convient des faits suivants.

Exposé conjoint des faits

L’Infirmier travaillait pour une agence de soins infirmiers et soignait des clients à domicile. L’agence a mis fin à son emploi en 2013 en raison des incidents décrits ci-dessous.

La Cliente avait été aiguillée vers l’agence pour obtenir des soins d’une plaie aux pieds liée à son diabète. L’Infirmier était le seul infirmier visiteur et l’infirmier de soins intégraux de la Cliente pendant la période en cause et assurait à la Cliente des services de soins et de pansement de plaies plusieurs fois par semaine.  

En août 2013, l’agence a reçu des renseignements concernant l’Infirmier de la part de la Cliente et a mené une enquête.

L’Infirmier a avoué qu’il avait donné à la Cliente son numéro de cellulaire personnel. Il a reconnu en outre avoir eu des conversations avec la Cliente qui n’avaient aucun rapport avec ses fonctions professionnelles. L’Infirmier a également répondu à un appel personnel pendant qu’il prodiguait à la Cliente des soins infirmiers. C’est pendant cet appel que la Cliente l’a entendu utiliser l’acronyme « NCP ». Lorsque la Cliente lui a demandé de lui expliquer l’abréviation, il a répondu qu’il s’agissait de « nice cute pussy » (jolie chatte mignonne).

L’Infirmier a avoué ne pas avoir divulgué que la Cliente l’appelait à son cellulaire à plusieurs reprises le soir et que la Cliente lui tenait des propos sexuels et romantiques. L’Infirmier a également offert un cadeau à la Cliente à l’occasion de sa fête.

L’Infirmier n’a consigné aucune des interactions précitées au dossier, ne les a pas divulguées à l’agence et n’a pas demandé conseil à celle-ci.  

L’Infirmier a également dit qu’en juillet 2013, il avait soulevé le sein de la Cliente pour évaluer un prurit, et il n’avait pas consigné de façon adéquate cette prestation de soins au dossier de la Cliente.

Enfin, l’Infirmier a retiré le dossier de la Cliente du domicile de celle-ci le jour de sa dernière visite en août 2013 ou par la suite. Il a indiqué que la Cliente avait consenti à ce qu’il retire le dossier et qu’il l’a fait pour le « rectifier ».

Déclaration de culpabilité

À la lumière des faits précités, le jury a déclaré l’Infirmier coupable de faute professionnelle, car il n’avait pas respecté les normes d’exercice, il n’avait pas pratiqué une tenue de dossiers et il avait affiché une conduite peu professionnelle.

Exposé sur la décision

L’Ordre et l’Infirmier ont recommandé une réprimande verbale et une suspension de deux mois. L’Infirmier devra effectuer des activités de réadaptation spécifiées en prévision d’une série de rencontres avec une experte en soins infirmiers. Pendant 18 mois à compter de la date à laquelle il reprend l’exercice de la profession, l’Infirmier devra tenir l’Ordre au courant de ses employeurs, fournir à ses employeurs une copie de la décision et des motifs du jury, et travailler uniquement pour le compte d’employeurs qui accepteraient d’aviser l’Ordre de tout manquement aux normes de la profession.

Décision du jury

Le jury a jugé la décision raisonnable et dans l’intérêt public. L’Infirmier a collaboré avec l’Ordre et, en convenant des faits et de la peine proposée, a accepté la responsabilité de ses actes. Le jury estime que la décision respecte les principes de dissuasion précise et générale, de réadaptation de l’Infirmier et de protection de la population.

Page mise à jour le 28 septembre, 2010