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Linda G. Bowlby 9126251

Allégations et plaidoyer

L’Ordre accuse l’Infirmière de ce qui suit : entretenir une relation personnelle, romantique ou sexuelle avec le proche de sa cliente. L’Ordre soutient que cette conduite serait jugée honteuse, déshonorante ou peu professionnelle.

L’Infirmière a admis les faits allégués et, de concert avec l’Ordre, a présenté une déclaration écrite au jury du Comité de discipline dans laquelle elle convient des faits suivants.

Exposé conjoint des faits

L’Infirmière a travaillé pour le compte d’une agence de soins infirmiers de 2011 à 2013. L’agence a mis fin à son emploi en 2013. L’Infirmière était l’infirmière de soins intégraux de la Cliente et lui prodiguait des soins à domicile trois jours par semaine.

La Cliente était sourde et communiquait par langage gestuel et par écrit. La Cliente recevait des soins infirmiers pour des problèmes cutanés et des lombalgies. La Cliente cohabitait avec son proche, qui lui offrait un logement et lui fournissait presque tous les soins. La Cliente était vulnérable en raison de sa déficience auditive et affichait une extrême dépendance à l’égard de son proche.

L’Infirmière était consciente du fait que la Cliente et son proche étaient liés par une union de fait.

En 2013, alors qu’elle avait établi une relation thérapeutique avec la Cliente, l’Infirmière a noué une relation personnelle, romantique et sexuelle avec le proche de la Cliente. Après que l’Agence a mis fin à l’emploi de l’Infirmière, celle-ci a maintenu la relation sexuelle et romantique et a continué à fréquenter le proche de la Cliente et à coucher avec lui au domicile où vivait la Cliente. En outre, l’Infirmière a ultérieurement conseillé à la Cliente de trouver un autre conjoint, car elle sortait désormais avec le proche de la Cliente.

L’Infirmière a avoué avoir transgressé les limites de la relation thérapeutique, avoir miné la confiance que lui vouait la Cliente en raison de son rôle d’infirmière et avoir mis la Cliente dans une situation difficile et stressante.

L’Infirmière a aussi reconnu que sa relation romantique continue avec le proche de la Cliente a eu des répercussions négatives sur les soins futurs de la Cliente. La Cliente a été traumatisée non seulement par la rupture entre elle et son proche, mais aussi par les représailles dont elle a été victime et l’instabilité de sa situation de logement et de soins.

Déclaration de culpabilité

À la lumière des faits, le jury a déclaré l’Infirmière coupable de faute professionnelle et a statué que sa conduite serait jugée honteuse, déshonorante et peu professionnelle.

Exposé sur la décision

L’Ordre et l’Infirmière ont recommandé une réprimande verbale et une suspension de quatre mois. L’Infirmière devra aussi effectuer des activités de réadaptation spécifiées en prévision d’une série de rencontres avec une experte en soins infirmiers. Pendant 12 mois à compter de la date à laquelle elle reprend l’exercice de la profession, l’Infirmière devra tenir l’Ordre au courant de ses employeurs, fournir à ses employeurs une copie de la décision et des motifs du jury, et travailler uniquement pour le compte d’employeurs qui accepteraient d’aviser l’Ordre de tout manquement aux normes de la profession.

Décision du jury

Le jury a accepté l’exposé conjoint sur la décision, qu’il juge raisonnable et dans l’intérêt public. L’Infirmière a collaboré avec l’Ordre et, en convenant des faits et de la peine proposée, a assumé la responsabilité de ses actes. La décision respecte les principes de dissuasion précise et générale, de réadaptation de l’Infirmière et de protection de la population. Plus particulièrement, la suspension de quatre mois communique clairement à la profession que le non-respect de l’obligation de fixer de manière satisfaisante les limites de la relation thérapeutique et de les respecter n’est pas toléré. La réadaptation donnera à l’Infirmière l’occasion de tirer des leçons de ses gestes et de rectifier ses pratiques.

Page mise à jour le 28 septembre, 2010