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Alistone T. Skepple 9105362

Allégations et plaidoyer 

L’Ordre allègue que l’Infirmier : a rempli une ordonnance de ne pas réanimer (DNR) qui allait à l’encontre des souhaits de la cliente; a omis de transcrire correctement des ordonnances de médicaments et les a mal consignées; a produit un formulaire de recommandation ADP et une note d’évolution sur une entrée tardive; n’a pas correctement consigné l’ordonnance d’un médecin et (ou) n’a pas pris les mesures nécessaires pour veiller à ce qu’il y ait un stock suffisant du médicament; a consigné un faux bilan comparatif des médicaments alors qu’il avait omis d’en effectuer un; a consigné de façon erronée que le Nitrospray prescrit pour un client était couvert par les directives médicales de l’établissement; et a consigné une ordonnance pour une vitamine et un complément minéral sans vérifier les ordonnances existantes.   

L’Ordre allègue en outre que l’Infirmier : a omis de procéder à une évaluation d’une cliente ayant fait une chute; a omis d’informer le représentant autorisé d’un client à propos d’un incident impliquant un autre client; a communiqué de façon inappropriée avec l’enfant d’une cliente; a répondu de façon inappropriée à une épidémie dans l’établissement sans coordonner correctement son action avec Santé publique Ontario; a discuté de façon inappropriée de renseignements personnels sur la santé de deux clients en un lieu et (ou) dans des circonstances où il risquait d’être entendu. L’Ordre allègue que cette conduite serait jugée honteuse, déshonorante et peu professionnelle et qu’elle établit l’incompétence de l’Infirmier. 

Exposé conjoint des faits 

L’Infirmier était employé dans un foyer de soins de longue durée comme infirmier spécialiste en gériatrie du 31 août 2007 au 15 mai 2014. Son rôle consistait à orienter l’élaboration, la mise en œuvre, le suivi permanent et l’évaluation des services infirmiers. Il a été licencié en 2014. Il a contesté son licenciement, lequel a été requalifié en démission. 

La conduite de l’Infirmier inclut de nombreuses erreurs de documentation et la falsification de dossiers. Le 1er mai 2012, l’Infirmier a rempli un formulaire de confirmation DNR indiquant que la cliente A avait exprimé le souhait que les soins de réanimation cardiorespiratoire ne soient pas inclus dans son plan de traitement. Ceci était contraire aux instructions préalables de la cliente, signées par l’Infirmier le 13 janvier. Il a également omis d’effectuer un bilan comparatif des médicaments pour la cliente A, puis a indiqué qu’il l’avait fait dans les notes d’évolution. Le 13 septembre, l’Infirmier a écrit : « poursuivre les ordonnances précédentes à l’exception de ce qui suit » sur l’ordonnance d’un médecin pour le client B. En d’autres termes, l’Infirmier a inscrit une liste de médicaments qui n’avaient pas été prescrits au client et a omis d’inscrire les médicaments qui lui avaient été prescrits. Le 27 décembre, l’Infirmier a effectué un bilan comparatif de médicaments pour le client C et a noté de façon erronée qu’une ordonnance d’acétaminophène 500 mg était couverte par les directives médicales de l’établissement. En effectuant ce même bilan comparatif de médicaments, l’Infirmier a consigné une ordonnance pour un médicament PRN qui ne devait être administré que si le poids du client augmentait d’une certaine valeur. Il n’a pas consigné cela dans le dossier e-MAR et, à cause de cette ordonnance, le poids du client a dû être vérifié tous les jours. Il a aussi demandé et consigné une ordonnance pour une vitamine et un complément minéral pour le client C, sans vérifier les ordonnances existantes du client. De ce fait, le client a reçu une double dose du complément pendant deux semaines. Le 24 juin 2013, l’Infirmier a reçu un courriel d’une IAA à propos d’une demande de fauteuil roulant pour le client D. Le lendemain, il a produit le formulaire de commande et une note d’évolution sur une entrée tardive pour faire croire qu’il avait demandé le fauteuil roulant le 11 juin. Le 15 avril 2014, l’Infirmier a consigné de façon erronée que le Nitrospray commandé pour le client I était couvert par les directives médicales de l’établissement.  

Par ailleurs, le 28 novembre 2013, l’Infirmier a omis de procéder à une évaluation de la cliente E après une chute. La cliente E a été hospitalisée lorsque l’infirmière du quart suivant a appelé une ambulance. L’Infirmier a été suspendu pendant trois jours à la suite de cet incident. Le 13 février 2014, l’Infirmier a omis de commander des fournitures pour le soin des plaies pour la cliente F. De ce fait, elle n’a pas reçu le traitement prescrit pendant huit jours. Le 20 février, l’Infirmier a omis d’informer le représentant autorisé du client G à propos d’un incident impliquant des attouchements inappropriés sur le client par un autre client. Le 30 avril, l’Infirmier a déclaré au personnel que l’établissement était placé en isolement jusqu’au 1er mai en raison d’une épidémie. L’Infirmier n’a pas coordonné correctement son action avec Santé publique Ontario à propos de la durée de l’isolement et (ou) de l’état de l’épidémie. En fait, l’alerte épidémie n’a été levée que le 5 mai 2014. Le 2 mai, l’Infirmier a réadmis le client J sans avoir cordonné correctement son action avec Santé publique Ontario à propos de l’admission. Étant donné que l’établissement était toujours en alerte épidémie, le client J n’aurait pas dû être admis tant que l’alerte épidémie n’avait pas été levée.     

Le 20 mars 2014, la cliente H est décédée dans l’établissement. L’Infirmier a informé la fille de la cliente de son décès dans le hall d’entrée de l’établissement plutôt que dans un endroit privé. Alors que l’Infirmier accompagnait la fille de la cliente jusqu’à la chambre de cette dernière, il a pris un appel téléphonique au lieu de la réconforter. Les 1er et 6 mai, l’Infirmier a discuté de façon inappropriée de renseignements personnels sur la santé du client J dans des endroits non privés. Les deux fois, les conversations de l’Infirmier ont été entendues par des tiers. 

Déclaration de culpabilité 

À la lumière des faits, le jury a déclaré l’Infirmier coupable des fautes professionnelles susmentionnées et a déclaré que sa conduite serait jugée honteuse, déshonorante et peu professionnelle. Le jury a également estimé que les faits établissaient l’incompétence de l’Infirmier.

Exposé sur la décision 

L’Ordre et l’Infirmier ont recommandé une réprimande verbale et une révocation du certificat d’inscription de l’Infirmier. La gravité des incidents, la période pendant laquelle les incidents ont eu lieu et la variété des tâches impliquées dans la prestation de soins de santé étaient tous des facteurs aggravants. 

Décision du jury 

Le jury accepte l’exposé sur la décision, qu’il juge raisonnable et dans l’intérêt du public. L’Infirmier a collaboré avec l’Ordre et, en convenant des faits et en reconnaissant sa faute professionnelle, a assumé la responsabilité de ses actes. La décision respecte les principes de dissuasion générale et précise et de protection de l’intérêt public. Elle assure le maintien de la confiance du public envers la profession. Compte tenu de la récurrence du comportement non professionnel et des manquements aux normes professionnelles, le jury estime que l’Infirmier n’est pas capable de se réadapter. 

Page mise à jour le 20 mars, 2017