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Les soins infirmiers et vousVolume 1, n° 2 Mars 1999 - Le cancer
LA PRÉVENTION DU CANCER CHEZ LES JEUNES - LE RÔLE DE L'INFIRMIÈRE EN SANTÉ PUBLIQUE EN ONTARIO« Je crois que l'enseignement est un de mes points forts, affirme Heather Tucker, une IA qui travaille en santé publique dans la région de Durham. « Mais le simple fait de donner une conférence devant une classe de jeunes n'est plus efficace; et je doute d'ailleurs que cela n'ait jamais été le cas. Inciter les jeunes à cesser de fumer ou à ne pas commencer est une tâche fort complexe à laquelle doit participer la collectivité toute entière - les parents, l'école, les entreprises et, surtout, les jeunes. » Heather est l'une de cinq infirmières dans la région de Durham qui uvrent exclusivement à la prévention du cancer chez les jeunes. Elle travaille surtout dans le nord de cette région, dans des zones rurales telles que Scugog et Uxbridge, où le nombre de jeunes fumeurs est beaucoup plus élevé que dans des villes comme Oshawa ou Whitby. « On estime qu'environ 40 % des élèves à l'école secondaire Brock (à Cannington) fument. Chiffre fort alarmant, estime Heather. Mais la plupart ont commencé très jeunes. C'est pourquoi nous concentrons nos efforts sur les élèves de 7e et 8e année. » Comme ces jeunes fumeurs ont succombé à la pression exercée par leurs pairs, les infirmières espèrent les inciter à cesser par le même moyen. Aussi recrutent-elles des élèves du secondaire comme participants aux programmes de prévention et de cessation. Leur mission : sensibiliser leurs camarades aux effets du tabagisme. « Les messages qui inciteront les jeunes à cesser de fumer - le coût, les conséquences sur l'aptitude à pratiquer des sports, les relations - sont plus efficaces s'ils sont transmis par des jeunes, explique Heather. Mais il faut s'attaquer au problème sur plusieurs fronts. C'est pourquoi les parents, les élèves et le personnel enseignant de chaque école participent à la planification de la campagne. Nous encourageons les enseignants à incorporer le message anti-tabagisme au programme d'enseignement, en sciences ou en communications par exemple, et nous avons souvent recours à des parents bénévoles. » « J'en viens presque à souhaiter avoir fumé, déclare Heather. Cela me donnerait un peu plus de poids auprès des jeunes. Mais mon mari est un ex-fumeur et j'ai vu des centaines de jeunes vivre cette expérience. Je devine assez bien combien il est difficile de résister à la cigarette. » Conscientes du fait que la meilleure solution est de ne jamais commencer
à fumer, les infirmières abordent la question par le biais
de la promotion de la santé. « Il faut mieux manger, rester
en forme et éviter le tabac, précise Heather. Si les jeunes
essaient d'atteindre les deux premiers objectifs, ils auront de meilleures
chances d'atteindre le troisième. » LE TABAGISME CHEZ LES JEUNES EN ONTARIODe la 7e à la 13e année* : QUEL TABAC !Infirmière en santé publique dans la région de Halton,
Sandra Murphy (IA) a participé à une campagne anti-tabagisme
fort réussie durant l'année scolaire 1995-1996. Une cinquantaine
d'élèves en art dramatique de deux écoles de Milton
(dont plusieurs fumeurs) ont créé une pièce interactive
intitulée Straight Talk on Smoking et l'ont jouée devant
plus de 1 300 élèves de huit écoles élémentaires.
D'après le sondage réalisé par la suite, la pièce
avait dissuadé les élèves de fumer. Et quelques-uns
des comédiens ont même cessé ! QU'EST-CE QU'UNE INFIRMIÈRE ?En Ontario, la profession infirmière comprend deux groupes de
prestataires : les infirmières autorisées (IA) et les infirmières
auxiliaires autorisées (IAA). Les membres des deux groupes sont
soumis aux mêmes exigences légales, aux mêmes normes
d'exercice, processus de plaintes, de discipline et d'inscription. Ils
se distinguent toutefois dans deux domaines, soit les études et
le champ de compétence. Les IA et les IAA suivent le même
programme d'études en sciences infirmières, mais les infirmières
autorisées approfondissent davantage et plus longtemps les notions
enseignées. Aussi peuvent-elles prodiguer des soins dans des circonstances
particulièrement complexes. Nouveautés : LES COMPÉTENCES DE L'INFIRMIÈRE DE DEMAINTous les jours, nous devons faire confiance à certaines personnes,
qu'il s'agisse d'un chauffeur d'autobus, d'une enseignante ou d'une infirmière.
Nous nous demandons parfois quelles connaissances cette personne doit-elle
posséder pour accomplir son travail ? Et qui décide qu'elle
est suffisamment compétente pour mériter notre confiance
? EN FAMILLE : LES SOINS PALLIATIFS À DOMICILELorsqu'une personne sait qu'elle vit ses derniers jours, il est normal qu'elle veuille les passer entourée de ses proches, dans un milieu confortable et familier. Voilà en effet pourquoi un nombre croissant de patients en soins palliatifs (en phase terminale), souvent atteints d'un cancer, choisissent de mourir chez eux, explique l'infirmière autorisée Pat Stuart. « Il est parfois difficile de se passer des soins constants dont on bénéficie à l'hôpital ou au foyer de soins infirmiers, explique-t-elle. Mais, grâce à nos services à domicile, les clients peuvent faire appel à une infirmière à toute heure du jour. » Pat Stuart travaille à l'agence Saint Elizabeth Health Care, une organisme qui, depuis longtemps, prodigue des soins à domicile aux personnes atteintes d'un cancer en Ontario. Dès que le Centre d'accès aux soins communautaires assigne un client à l'agence, on désigne une infirmière gestionnaire du cas (une IA ou une IAA, selon le type de soins requis) et d'autres infirmières membres de l'équipe. Pat est présentement responsable des soins prodigués à environ 25 clients d'Etobicoke recevant des soins palliatifs à domicile. Et elle est membre de l'équipe qui soigne de nombreux autres clients. Pat est IAA depuis une vingtaine d'années et se concentre sur les soins palliatifs depuis 1986. « C'est très enrichissant de travailler auprès de ces patients et de leurs familles, affirme-t-elle. Je cherche surtout à maîtriser leurs symptômes, à soulager leur douleur et à rendre leurs derniers jours paisibles. J'enseigne aux proches et aux amis à leur prodiguer des soins et je tisse des liens solides avec ces personnes. Elles sont tellement reconnaissantes de tout ce que nous faisons pour elles. D'ailleurs, la période de deuil est moins douloureuse parce que ces personnes savent qu'elles ont fait tout leur possible pour le malade. » Pat préfère les soins à domicile parce que cela lui permet d'exercer indépendamment. « J'utilise davantage mes compétences, dit-elle. Et, comme j'aime résoudre moi-même mes problèmes, le milieu communautaire me convient parfaitement. » Toutefois, si l'état de santé d'un client s'aggrave, une IA qui peut traiter les cas plus complexes interviendra. « À l'agence Saint Elizabeth, nous n'hésitons pas à partager les soins avec d'autres catégories d'infirmières au besoin, précise Pat. J'ai mes compétences particulières et d'autres infirmières ont les leurs. Nous avons recours aux personnes qui répondront aux besoins du patient. » L'assurance de la qualité selon Pat Stuart - « L'infirmière
ne cesse jamais d'apprendre. L'agence Saint Elizabeth favorise beaucoup
les activités d'autoévaluation et d'évaluation par
les pairs qu'exige l'Ordre. On nous offre divers cours de perfectionnement.
Je n'ai jamais eu de difficulté à me tenir à jour
ici. » QUI EXERCE LA PROFESSION INFIRMIÈRE EN ONTARIO ?En décembre 1998, environ 141 000 personnes exerçaient
la profession infirmière en Ontario. Nous connaissons ce nombre
parce que tous les membres de la profession doivent s'inscrire auprès
de l'OIIO. Voici quelques statistiques intéressantes sur ce groupe
de professionnels très varié.
Milieu de travail - IAA :
Milieu de travail - IA :
Sexe - IA :
Études :
QU'EST-CE QUE L'ORDRE DES INFIRMIÈRES ET INFIRMIERS DE L'ONTARIO ?L'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario (OIIO) est
l'organisme qui réglemente la profession infirmière dans
cette province. Bien qu'il ait été créé par
le gouvernement provincial, l'Ordre fonctionne indépendamment et
ne reçoit aucun financement public : ses recettes proviennent presque
entièrement des cotisations annuelles de ses membres. L'Ordre établit
les critères d'admission à la profession infirmière
en Ontario, ainsi que les normes que doivent respecter les infirmières
et les infirmiers afin de conserver leur titre et leurs privilèges.
Seules les personnes qui détiennent un certificat d'inscription
de l'OIIO peuvent exercer la profession en Ontario et utiliser les titres
« infirmière » ou « infirmier », «
infirmière autorisée »ou « infirmier autorisé
» et « infirmière auxiliaire autorisée »
ou « infirmier auxiliaire autorisé ». QUELLES CONNAISSANCES LES INFIRMIÈRES DOIVENT-ELLES POSSÉDER ?Lorsqu'on demande aux gens quelles professions leur inspirent davantage
de confiance et de respect, ils classent invariablement les infirmières
parmi les premières. Or, si les infirmières peuvent s'enorgueillir
de cette admiration, elles doivent également répondre aux
attentes élevées qui en découlent. Comment les infirmières
se sont-elles méritées cette excellente réputation
et comment peuvent-elles la conserver ? LES SOINS INFIRMIERS ET L'ASSURANCE DE LA QUALITÉL'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario a pour mission de « protéger le droit de la population à des soins infirmiers de qualité en guidant l'autoréglementation de la profession infirmière ». Mais qu'est-ce que cela signifie exactement ? Commençons d'abord par l'« autoréglementation ». L'OIIO a été créé en vertu d'une loi provinciale qui lui confère également la mission de protéger le public. Or, l'Ordre a beaucoup d'autonomie quant à la façon dont il accomplit cette tâche. Comme le gouvernement provincial ne lui accorde aucun financement, la quasi-totalité de son budget provient des cotisations annuelles de ses membres, les infirmières et infirmiers. Son Conseil d'administration se compose majoritairement de membres de la profession et la plupart des membres du personnel professionnel sont également des infirmières. L'OIIO, c'est, en fait, des infirmières qui réglementent leur profession. Le mot « autoréglementation » signifie également que chacun de nos 140 000 membres est tenu d'exercer la profession conformément aux normes et de perfectionner ses compétences tout au long de sa carrière. Mais comment l'OIIO « guide »-t-il l'autoréglementation ? Il établit les normes d'exercice de la profession que tous les membres doivent respecter. Il aide aussi les membres à maintenir leur compétence par le biais du Programme d'assurance de la qualité (PAQ). Le PAQ comporte trois volets. Le premier, l'exercice réfléchi, permet à l'infirmière, avec l'aide de ses collègues et employeurs ou au moyen du Manuel d'autoévaluation publié par l'OIIO, de découvrir ses points forts et de préparer un plan d'apprentissage afin de se perfectionner dans certains domaines. La Loi oblige toutes les infirmières et tous les infirmiers qui exercent en Ontario à participer à l'exercice réfléchi. Un autre volet du PAQ porte sur les milieux dans lesquels les infirmières exercent leur profession. Très novateur, le Programme de consultation auprès des employeurs repose sur la participation volontaire de la direction et du personnel infirmier. Leur tâche : découvrir les éléments du milieu qui favorisent la qualité des soins infirmiers et ceux qui pourraient être améliorés. Le programme a été lancé officiellement en février, suite à une période d'essai fort réussie. L'OIIO a maitenant une liste d'attente d'établissements souhaitant y participer. Une explication plus détaillée de chacun des volets du
PAQ paraîtra dans les prochains numéros de Les soins infirmiers
et vous. NOS INFIRMIÈRES ET INFIRMIERS : LA RECHERCHE EN SOINS ONCOLOGIQUESMargaret Fitch cumule plusieurs tâches. Elle est chef des soins infirmiers en oncologie au centre régional Sunnybrook de cancérologie (Toronto), coordonnatrice de l'organisme Suuportive Care for Cancer Care Ontario et codirectrice de l'unité de recherche psychosociale et sur le comportement au centre Sunnybrook. Or, le point commun de toutes ces tâches est bien la recherche puisque cette infirmière dynamique assume chacun de ses rôles à titre de chercheure vouée à la découverte de solutions meilleures. « Peu importe ce que je fais, j'essaie de fonder mes décisions sur des preuves scientifiques », affirme Margaret. Elle est d'ailleurs l'une des rares titulaires d'un doctorat en sciences infirmières à uvrer en recherche sur les soins aux personnes atteintes d'un cancer. Ce n'est pas le genre de recherche qui évoque l'image d'éprouvettes et de laboratoires silencieux. « La recherche médicale, effectuée par des médecins qui sont souvent secondés par des infirmières, porte habituellement sur la maladie, sur la découverte d'une cure ou d'un nouveau traitement, explique Margaret. Or, un nombre grandissant d'infirmières entreprennent leurs propres recherches et celles-ci sont axées sur les patients souffrant d'un cancer, sur les façons de reconnaître et d'atténuer leurs symptômes et de prendre tous les moyens possibles afin de soulager leur douleur et d'aider leurs soignants à répondre à leurs besoins. » Par exemple, Margaret vient de mener une recherche sur le cancer des ovaires, maladie qui, chaque année, touche plus de 2 000 Canadiennes. Elle a interrogé des patientes afin de préparer une allocution à un congrès national sur cette maladie. Leurs témoignages l'ont beaucoup bouleversée, sans toutefois la surprendre. « Ces femmes étaient manifestement frustrées par le réseau de soins aux personnes atteintes d'un cancer et les prestataires de soins. Nous nous sommes alors interrogés sur la façon de recueillir le point de vue d'autres femmes et de découvrir la source de certains de ces problèmes. » Ce fut le coup d'envoi d'une étude importante. Subventionnée par Santé Canada, cette recherche portait non seulement sur les expériences des femmes atteintes d'un cancer des ovaires, mais aussi sur les connaissances et les méthodes de trois groupes importants de prestataires de soins : les médecins de famille; les gynécologues et les professionnels en médecine douce, dont les herboristes ou les naturopathes (bon nombre de patientes atteintes d'un cancer s'adressent à ces derniers à un moment donné). La recherche fut effectuée principalement par des infirmières et les résultats ont des retentissements importants tant sur l'exercice des professions infirmières et médicales que sur la formation professionnelle. L'unité de recherche que dirige Margaret emploie plusieurs infirmières à temps plein, dont Karen Deane, IA, de Waterloo. « J'ai travaillé dans plusieurs domaines infirmiers, de la salle d'opération à l'urgence, dit-elle. Mais la recherche est particulièrement exigeante et enrichissante, car je sais que mes activités pourraient avoir des conséquences durables pour la profession infirmière. » « À mon avis, les infirmières sont curieuses de nature, affirme Margaret. En appliquant cette curiosité à notre exercice, en nous posant des questions sur nos activités et sur nos méthodes, nous pourrons intégrer les résultats de recherches à l'exercice de chaque membre de la profession. » L'assurance de la qualité selon Margaret Fitch : « Si les
infirmières regardent les choses bien en face, elles doivent s'avouer
que bon nombre de leurs pratiques découlent de rituels ou de traditions
et n'ont jamais été soumises à des épreuves
scientifiques. En nous fondant sur les résultats de recherches,
nous avons plus de chances d'en arriver à des soins infirmiers
de qualité supérieure. » Note de la rédaction
: Les nouveaux critères d'admission à la profession (voir
l'article à la page 2) mettent l'accent sur les compétences
en recherche et sur l'aptitude à utiliser les résultats
de recherches. Ainsi, à l'avenir, les programmes d'études
en sciences infirmières mettront davantage l'accent sur l'application
des recherches à l'exercice de la profession. JOURNAL DE BORD:Une semaine dans la vie d'une infirmière en soins oncologiques pédiatriques communautairesInterlink est un organisme sans but lucratif qui vient en aide aux personnes souffrant d'un cancer et à leur famille dans diverses régions de la province grâce aux visites à domicile par des infirmières spécialistes en cancérologie. Certaines de ces infirmières, dont Marilyn Cassidy, IA, d'Ottawa, s'occupent principalement d'enfants. Nous l'accompagnons pendant une semaine. Nous sommes dimanche soir, le moment de me préparer pour ma semaine de travail. Demain, je dois prononcer un discours devant une classe de troisième année dont un des élèves est atteint d'une tumeur au cerveau. Je me rendrai ensuite à la classe de son frère, une sixième année. LundiJe rencontre la mère du patient au bureau de la direction de l'école et, accompagnées de la directrice, nous nous rendons à la salle de classe. J'explique aux enfants ce qui arrive à leur camarade. Comment peuvent-ils l'aider, me demandent-ils. Je leur conseille de lui envoyer des notes et des cartes de souhait et, peut-être, de réaliser une vidéo à son intention. Ensemble nous visionnons Why, Charlie Brown, Why?, un dessin animé sur le cancer. Je remarque que la mère de l'enfant est au bord des larmes; l'expérience est récente et demeure très pénible pour elle. Nous expliquons aux enfants que leur camarade se porte bien depuis son opération et qu'il suit présentement une radiothérapie. Nous nous dirigeons ensuite vers la classe de son frère où je donne un discours adapté à ce groupe d'enfants plus âgés. Avant de quitter l'école, nous revoyons la directrice. Nous convenons de communiquer régulièrement; je fournirai un soutien à l'école au besoin. De retour à l'hôpital - heure du midi. Je profite de la pause pour interroger une collègue sur les derniers événements survenus dans l'hôpital. Je téléphone ensuite au médecin en soins palliatifs communautaires pour prendre des nouvelles d'un adolescent de 17 ans, lui aussi atteint d'une tumeur au cerveau. Son état s'est beaucoup détérioré. Il se meurt, mais souffre très peu. Je téléphone à sa mère et prends rendez-vous pour le lendemain, car elle aimerait que je l'aide à planifier les funérailles de son fils. La mère d'un garçon de 11 ans souffrant d'une leucémie aiguë myéloïde, un type rare de cancer du sang, se présente à mon bureau. L'enfant vient de terminer une chimiothérapie de trois mois et espère subir une greffe de moelle d'ici un mois. Il a quatre frères et surs et, heureusement, deux d'entre eux sont des donneurs acceptables. On a choisi son frère de dix ans. Nous passons en revue les besoins éventuels des membres de la famille, tant à la maison qu'à Toronto. Je fais part à la Société du cancer de ces nouveaux besoins. À 14 heures, je quitte mon bureau pour aller rendre visite à une jeune fille de 13 ans à qui on a diagnostiqué un sarcome ostéogénique (tumeur osseuse) au fémur. Je serai là en même temps que l'infirmière visiteuse venue lui administrer un médicament, car j'aimerais lui remettre une trousse d'information concernant cette maladie et le protocole de traitement. Je m'entretiens avec la mère de la patiente au sujet des besoins de la famille et des services communautaires qui pourraient l'aider. Je ferai appel à la Société du cancer qui vient souvent en aide aux familles grâce à sa Maison Ronald McDonald et à ses fonds pour le transport et la nourriture d'un parent pendant le séjour de l'enfant à l'hôpital, ainsi que pour la garde des autres enfants. Pendant ma visite, la sur cadette de la patiente, âgée de neuf ans, se joint à nous et nous parlons ensemble de sa sur et des changements survenus au sein de la famille depuis quelques semaines. La patiente, qui a terminé sa chimiothérapie il y a deux jours, est assise dans son lit. De bonne humeur, elle boit, mais mange peu. Je propose à la mère de consulter une diététiste. La jeune fille affirme qu'elle a commencé à perdre ses cheveux, comme prévu. Elle a déjà choisi deux casquettes de baseball qui lui plaisent. Elle essaiera de retourner à l'école dès qu'elle se sentira mieux mais, pour l'instant, nous devrons lui trouver un professeur à domicile. Je les quitte deux heures plus tard, satisfaite d'avoir bien employé mon temps à effectuer une évaluation complète et à établir une bonne relation. Je rentre à mon bureau à domicile. Je retourne des appels, puis je laisse un rapport de chacune de mes visites dans la boîte vocale de la gestionnaire des soins infirmiers appropriée. MardiPremière activité : une visite au patient en soins palliatifs que j'ai mentionné hier (l'adolescent de 17 ans atteint d'une tumeur au cerveau). Les infirmières des divers quarts de travail coordonnent bien ses soins. Je consulte l'infirmière en poste, qui m'apprend que la pompe à morphine réussit assez bien à apaiser la douleur. Je passe quelque temps avec la mère à discuter de plans pour les funérailles, à l'écouter. Je joue une partie de Scrabble avec la sur cadette du patient et l'interroge sur ses sentiments. Je lui demande si elle aimerait connaître un de nos bénévoles, qui lui rendrait visite une fois par semaine. C'est une bonne idée, dit-elle. Je rends ensuite visite à une famille dont la fille de sept ans
souffre d'un rhabdomyosarcome (tumeur du tissu musculaire) à la
mâchoire. Elle réagit bien à la chimiothérapie,
mais sa mère a besoin d'aide à la soigner à la maison.
Ensemble nous remplissons les formulaires nécessaires. L'enfant
me montre fièrement qu'elle réussit maintenant à
marcher, malgré la faiblesse que la chimiothérapie a provoqué
dans ses mains, ses jambes et ses pieds. En route vers la maison, je me
sers de mon téléphone cellulaire pour informer la coordonnatrice
des soins à domicile de la famille. MercrediJe me rends à l'hôpital (l'hôpital pour enfants de l'Est de l'Ontario) à la première heure pour une réunion de l'équipe. C'est l'occasion d'échanger idées et dossiers entre coéquipiers. Ensuite, je participe à une téléconférence de 45 minutes avec mes collègues à Toronto, Sudbury et Hamilton. Prochaine activité au programme : une rencontre d'une heure avec les parents à l'unité d'oncologie de l'hôpital. C'est l'occasion pour les parents d'obtenir un soutien moral et de discuter de leurs préoccupations. Ensuite, je me présente à une nouvelle famille, après avoir lu le dossier du patient. Plus tard l'après-midi, je fais les rondes avec l'équipe afin de recueillir des données plus récentes sur les patients. JeudiJ'ai prévu une conférence de cas au domicile d'un enfant de douze ans souffrant de leucémie aiguë lymphoblastique, diagnostiquée le mois dernier. La famille vit à deux heures de route du centre de traitement; aussi la rencontre avec l'équipe soignante locale sera-t-elle très utile. J'apporte beaucoup d'information sur la maladie et le traitement. Je laisse également de l'information au sujet de ce patient à l'hôpital de la localité, au cas où il aurait besoin de soins urgents. Après avoir pris mon repas au bord de la rivière, je me rends à l'école de l'enfant pour rencontrer les élèves de 6e, 7e et 8e années. Une journée bien remplie. VendrediJournée que je réserve habituellement aux tâches
administratives. J'ai plusieurs liens à établir, de nombreux
cas à renvoyer. Mon travail est fascinant, mais il n'est pas facile.
Chaque jour m'apporte de nouveaux défis, tant sur le plan personnel
que sur le plan professionnel. UNE INFIRMIÈRE ET SES CLIENTSLe journal de bord de Marilyn Cassidy nous offre un regard intime sur les divers aspects de la relation thérapeutique que l'infirmière entretient avec ses clients. En raison de la nature complexe de cette relation, il est essentiel que l'infirmière en fixe les limites et les respecte. L'OIIO vient de publier un document en la matière à l'intention de ses membres. Intitulé Normes sur la relation thérapeutique, il renferme des conseils détaillés sur cet aspect de l'exercice de la profession infirmière. Comme les autres normes professionnelles, ce document précise les attentes auxquelles les infirmières et infirmiers en Ontario doivent se conformer.
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