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Les soins infirmiers et vous

Volume 1, n° 2 Mars 1999 - Le cancer

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LA PRÉVENTION DU CANCER CHEZ LES JEUNES - LE RÔLE DE L'INFIRMIÈRE EN SANTÉ PUBLIQUE EN ONTARIO

« Je crois que l'enseignement est un de mes points forts, affirme Heather Tucker, une IA qui travaille en santé publique dans la région de Durham. « Mais le simple fait de donner une conférence devant une classe de jeunes n'est plus efficace; et je doute d'ailleurs que cela n'ait jamais été le cas. Inciter les jeunes à cesser de fumer ou à ne pas commencer est une tâche fort complexe à laquelle doit participer la collectivité toute entière - les parents, l'école, les entreprises et, surtout, les jeunes. »

Heather est l'une de cinq infirmières dans la région de Durham qui œuvrent exclusivement à la prévention du cancer chez les jeunes. Elle travaille surtout dans le nord de cette région, dans des zones rurales telles que Scugog et Uxbridge, où le nombre de jeunes fumeurs est beaucoup plus élevé que dans des villes comme Oshawa ou Whitby. « On estime qu'environ 40 % des élèves à l'école secondaire Brock (à Cannington) fument. Chiffre fort alarmant, estime Heather. Mais la plupart ont commencé très jeunes. C'est pourquoi nous concentrons nos efforts sur les élèves de 7e et 8e année. »

Comme ces jeunes fumeurs ont succombé à la pression exercée par leurs pairs, les infirmières espèrent les inciter à cesser par le même moyen. Aussi recrutent-elles des élèves du secondaire comme participants aux programmes de prévention et de cessation. Leur mission : sensibiliser leurs camarades aux effets du tabagisme.

« Les messages qui inciteront les jeunes à cesser de fumer - le coût, les conséquences sur l'aptitude à pratiquer des sports, les relations - sont plus efficaces s'ils sont transmis par des jeunes, explique Heather. Mais il faut s'attaquer au problème sur plusieurs fronts. C'est pourquoi les parents, les élèves et le personnel enseignant de chaque école participent à la planification de la campagne. Nous encourageons les enseignants à incorporer le message anti-tabagisme au programme d'enseignement, en sciences ou en communications par exemple, et nous avons souvent recours à des parents bénévoles. »

« J'en viens presque à souhaiter avoir fumé, déclare Heather. Cela me donnerait un peu plus de poids auprès des jeunes. Mais mon mari est un ex-fumeur et j'ai vu des centaines de jeunes vivre cette expérience. Je devine assez bien combien il est difficile de résister à la cigarette. »

Conscientes du fait que la meilleure solution est de ne jamais commencer à fumer, les infirmières abordent la question par le biais de la promotion de la santé. « Il faut mieux manger, rester en forme et éviter le tabac, précise Heather. Si les jeunes essaient d'atteindre les deux premiers objectifs, ils auront de meilleures chances d'atteindre le troisième. »

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LE TABAGISME CHEZ LES JEUNES EN ONTARIO

De la 7e à la 13e année* :
En moyenne, 27,6 % des jeunes fument : 26,4 % des garçons et 28,7 % des filles.
Ce chiffre représente environ 258 600 jeunes.

Le tabagisme atteint un sommet en 11e année* :

en 7e année : 10,2 % fument
en 9e année : 26 % fument
en 11e année : 43,4 % fument
en 13e année : 30,9 % fument

*Source : Fondation pour la recherche sur la toxicomanie, 1997.

55,4 % des jeunes fumeurs ont essayé de cesser et 83 % y ont songé.**

**Source : Sondage sur le tabagisme au Canada, Santé Canada

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QUEL TABAC !

Infirmière en santé publique dans la région de Halton, Sandra Murphy (IA) a participé à une campagne anti-tabagisme fort réussie durant l'année scolaire 1995-1996. Une cinquantaine d'élèves en art dramatique de deux écoles de Milton (dont plusieurs fumeurs) ont créé une pièce interactive intitulée Straight Talk on Smoking et l'ont jouée devant plus de 1 300 élèves de huit écoles élémentaires. D'après le sondage réalisé par la suite, la pièce avait dissuadé les élèves de fumer. Et quelques-uns des comédiens ont même cessé !

L'assurance de la qualité selon Heather Tucker : « Les compétences de l'infirmière en animation communautaire sont particulières. Je me fie beaucoup à l'évaluation de mes collègues et de mes clients pour juger la qualité de mon travail. »

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QU'EST-CE QU'UNE INFIRMIÈRE ?

En Ontario, la profession infirmière comprend deux groupes de prestataires : les infirmières autorisées (IA) et les infirmières auxiliaires autorisées (IAA). Les membres des deux groupes sont soumis aux mêmes exigences légales, aux mêmes normes d'exercice, processus de plaintes, de discipline et d'inscription. Ils se distinguent toutefois dans deux domaines, soit les études et le champ de compétence. Les IA et les IAA suivent le même programme d'études en sciences infirmières, mais les infirmières autorisées approfondissent davantage et plus longtemps les notions enseignées. Aussi peuvent-elles prodiguer des soins dans des circonstances particulièrement complexes.

Les IA et les IAA sont les deux seuls groupes d'infirmières que réglemente l'OIIO (ce qui comprend également les sous-catégories d'infirmière praticienne et d'infirmière en réadaptation). En fait, seuls les membres de ces deux groupes ont le droit d'utiliser le titre d'« infirmière » ou d'« infirmier ». Il ne faut jamais hésiter à demander à la personne qui vous soigne de préciser son statut professionnel.

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Nouveautés : LES COMPÉTENCES DE L'INFIRMIÈRE DE DEMAIN

Tous les jours, nous devons faire confiance à certaines personnes, qu'il s'agisse d'un chauffeur d'autobus, d'une enseignante ou d'une infirmière. Nous nous demandons parfois quelles connaissances cette personne doit-elle posséder pour accomplir son travail ? Et qui décide qu'elle est suffisamment compétente pour mériter notre confiance ?

L'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario est l'organisme qui prend ces décisions au sujet des infirmières dans cette province. C'est l'OIIO qui évalue la formation et l'expérience des candidates afin de décider si elles sont conformes aux normes ontariennes.

Pour le meilleur et pour le pire, nous vivons dans une période de grands bouleversements, surtout dans des domaines scientifiques tels que les soins infirmiers. Ainsi, les compétences que l'on exigeaient du personnel infirmier hier seront peut-être insuffisantes demain. L'an dernier, l'OIIO a consulté un grand nombre d'infirmières, d'enseignantes, d'employeurs et de consommateurs afin de découvrir si les critères actuels étaient réalistes. Nous avons appris que les infirmières d'aujourd'hui ont dû approfondir et élargir leurs connaissances par le biais de cours et d'expériences, mais que les infirmières de demain devront posséder ces connaissances dès le début de leur carrière.

C'est pourquoi l'Ordre a approuvé une nouvelle liste de compétences des infirmières autorisées (IA). Il a également recommandé que, dès 2005, toute IA qui débute sa carrière détienne au moins un baccalauréat en sciences infirmières. L'Ordre élabore présentement une liste semblable pour les infirmières auxiliaires autorisées (IAA) et la soumettra à son Conseil d'administration cette année.

Les nouveaux critères d'admission à la profession ne s'appliqueront pas aux infirmières inscrites à l'OIIO avant le 1er janvier 2005.

L'Ordre demandera ensuite au gouvernement provincial d'approuver ces changements. Nous espérons obtenir cette approbation d'ici la fin de l'année scolaire en cours, afin que toutes les personnes touchées aient suffisamment de temps pour s'y adapter.

L'Ontario sera alors la sixième province canadienne à exiger le baccalauréat des nouvelles infirmières. Un grand nombre de personnes intéressées appuient ce changement, tant parmi les infirmières étudiantes que parmi les gestionnaires qui exercent la profession depuis des années.

Ces nouveaux critères démontrent notre engagement : assurer aux Ontariennes et aux Ontariens l'accès aux meilleurs soins infirmiers au monde.

Petra Cooke, IA, présidente du Conseil
Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario

Margaret Risk, IA, directrice générale
Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario

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EN FAMILLE : LES SOINS PALLIATIFS À DOMICILE

Lorsqu'une personne sait qu'elle vit ses derniers jours, il est normal qu'elle veuille les passer entourée de ses proches, dans un milieu confortable et familier. Voilà en effet pourquoi un nombre croissant de patients en soins palliatifs (en phase terminale), souvent atteints d'un cancer, choisissent de mourir chez eux, explique l'infirmière autorisée Pat Stuart.

« Il est parfois difficile de se passer des soins constants dont on bénéficie à l'hôpital ou au foyer de soins infirmiers, explique-t-elle. Mais, grâce à nos services à domicile, les clients peuvent faire appel à une infirmière à toute heure du jour. »

Pat Stuart travaille à l'agence Saint Elizabeth Health Care, une organisme qui, depuis longtemps, prodigue des soins à domicile aux personnes atteintes d'un cancer en Ontario. Dès que le Centre d'accès aux soins communautaires assigne un client à l'agence, on désigne une infirmière gestionnaire du cas (une IA ou une IAA, selon le type de soins requis) et d'autres infirmières membres de l'équipe. Pat est présentement responsable des soins prodigués à environ 25 clients d'Etobicoke recevant des soins palliatifs à domicile. Et elle est membre de l'équipe qui soigne de nombreux autres clients.

Pat est IAA depuis une vingtaine d'années et se concentre sur les soins palliatifs depuis 1986. « C'est très enrichissant de travailler auprès de ces patients et de leurs familles, affirme-t-elle. Je cherche surtout à maîtriser leurs symptômes, à soulager leur douleur et à rendre leurs derniers jours paisibles. J'enseigne aux proches et aux amis à leur prodiguer des soins et je tisse des liens solides avec ces personnes. Elles sont tellement reconnaissantes de tout ce que nous faisons pour elles. D'ailleurs, la période de deuil est moins douloureuse parce que ces personnes savent qu'elles ont fait tout leur possible pour le malade. »

Pat préfère les soins à domicile parce que cela lui permet d'exercer indépendamment. « J'utilise davantage mes compétences, dit-elle. Et, comme j'aime résoudre moi-même mes problèmes, le milieu communautaire me convient parfaitement. »

Toutefois, si l'état de santé d'un client s'aggrave, une IA qui peut traiter les cas plus complexes interviendra. « À l'agence Saint Elizabeth, nous n'hésitons pas à partager les soins avec d'autres catégories d'infirmières au besoin, précise Pat. J'ai mes compétences particulières et d'autres infirmières ont les leurs. Nous avons recours aux personnes qui répondront aux besoins du patient. »

L'assurance de la qualité selon Pat Stuart - « L'infirmière ne cesse jamais d'apprendre. L'agence Saint Elizabeth favorise beaucoup les activités d'autoévaluation et d'évaluation par les pairs qu'exige l'Ordre. On nous offre divers cours de perfectionnement. Je n'ai jamais eu de difficulté à me tenir à jour ici. »


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QUI EXERCE LA PROFESSION INFIRMIÈRE EN ONTARIO ?

En décembre 1998, environ 141 000 personnes exerçaient la profession infirmière en Ontario. Nous connaissons ce nombre parce que tous les membres de la profession doivent s'inscrire auprès de l'OIIO. Voici quelques statistiques intéressantes sur ce groupe de professionnels très varié.

Membres selon la catégorie :

IA 107 000
IAA 34 000

Milieu de travail - IAA :
Hôpital 52,9 %
Soins prolongés 24,1 %
Collectivité 8,7 %
Autre (éducation, recherche, cabinet de médecin, etc.) 14,3 %

Milieu de travail - IA :

Hôpital 59,2 %
Soins prolongés 8,3 %
Collectivité 13,1 %
Autre (éducation, recherche, cabinet de médecin, etc.) 19,4 %


Sexe - IAA :
Femmes 94,1 %
Hommes 5,9 %

Sexe - IA :

Femmes 96,7 %
Hommes 3,3 %

Études :

Ontario 83,3 %
Reste du Canada 7,2 %
États-Unis 0,8 %
Étranger 8,7 %


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QU'EST-CE QUE L'ORDRE DES INFIRMIÈRES ET INFIRMIERS DE L'ONTARIO ?

L'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario (OIIO) est l'organisme qui réglemente la profession infirmière dans cette province. Bien qu'il ait été créé par le gouvernement provincial, l'Ordre fonctionne indépendamment et ne reçoit aucun financement public : ses recettes proviennent presque entièrement des cotisations annuelles de ses membres. L'Ordre établit les critères d'admission à la profession infirmière en Ontario, ainsi que les normes que doivent respecter les infirmières et les infirmiers afin de conserver leur titre et leurs privilèges. Seules les personnes qui détiennent un certificat d'inscription de l'OIIO peuvent exercer la profession en Ontario et utiliser les titres « infirmière » ou « infirmier », « infirmière autorisée »ou « infirmier autorisé » et « infirmière auxiliaire autorisée » ou « infirmier auxiliaire autorisé ».

L'Ordre est gouverné par un Conseil qui compte 39 membres, dont 21 infirmières et infirmiers élus par leur collègues partout dans la province (14 IA et 7 IAA) et 18 membres de la population nommés par le gouvernement provincial.

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QUELLES CONNAISSANCES LES INFIRMIÈRES DOIVENT-ELLES POSSÉDER ?

Lorsqu'on demande aux gens quelles professions leur inspirent davantage de confiance et de respect, ils classent invariablement les infirmières parmi les premières. Or, si les infirmières peuvent s'enorgueillir de cette admiration, elles doivent également répondre aux attentes élevées qui en découlent. Comment les infirmières se sont-elles méritées cette excellente réputation et comment peuvent-elles la conserver ?

Un élément-clé est leur formation. Même si la profession infirmière risque d'attirer des personnes « bienveillantes », il ne faut pas présumer que l'étudiante en sciences infirmières possède les aptitudes qui lui permettront de démontrer son attitude « bienveillante » par la prestation de soins infirmiers de haute qualité.

Des connaissances scientifiques poussées - comment fonctionne le corps humain et comment le soigner lorsqu'il tombe en panne - constituent une partie importante des études de base de l'infirmière. Mais il y a d'autres éléments essentiels : comment appliquer ses connaissances professionnelles à diverses situations et dans différents milieux de travail; comment traiter efficacement et gentiment avec le public; comment se conduire d'une manière professionnelle et conforme aux normes déontologiques; et comment veiller au maintien de ses compétences professionnelles. Les exigences en matière de formation dans chacun de ces domaines sont énoncées dans les nouveaux critères d'admission à la profession que l'OIIO s'apprête à adopter (voir l'éditorial à la page 2) et dans les normes d'exercice professionnel qui traitent de diverses activités allant des soins des pieds aux soins par téléphone.

Les enseignants en sciences infirmières s'inspirent de ces documents pour élaborer leurs programmes d'études. Par conséquent, les étudiantes apprennent non seulement à administrer des médicaments, mais aussi à décider s'il convient d'accepter un cadeau offert par un patient; pas seulement quoi faire en cas de crise cardiaque, mais aussi comment reconnaître la violence verbale à l'égard d'un patient. Les diplômées des programmes d'études en sciences infirmières possèdent les aptitudes requises pour répondre aux besoins des patients en matière de soins d'une manière bienveillante et professionnelle.

En Ontario, les infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés (IAA) sont diplômés d'un collège communautaire, tandis que les infirmières et infirmiers autorisés (IA) effectuent leurs études à un collège communautaire, à l'université ou aux deux. Les IA qui détiennent un baccalauréat peuvent poursuivre leurs études afin d'obtenir une maîtrise ou même un doctorat. Toute infirmière peut poursuivre une formation spécialisée menant à l'obtention d'un certificat dans divers domaines, tels que les soins communautaires ou les soins intensifs. Bref, tous les membres de la profession étudient la même science, mais certains d'entre eux approfondissent plus longuement certains aspects de cette science et peuvent apporter ces connaissances à l'équipe soignante.

Les limites de ce que peut faire un membre de la profession varient selon sa formation et son expérience. Il incombe à chaque infirmière de connaître ses aptitudes et de demeurer compétente. Le respect dont jouit la profession infirmière auprès du public découle de la formation professionnelle de ses membres et de leur responsabilité individuelle pour chaque acte professionnel qu'ils accomplissent.

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LES SOINS INFIRMIERS ET L'ASSURANCE DE LA QUALITÉ

L'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario a pour mission de « protéger le droit de la population à des soins infirmiers de qualité en guidant l'autoréglementation de la profession infirmière ». Mais qu'est-ce que cela signifie exactement ?

Commençons d'abord par l'« autoréglementation ». L'OIIO a été créé en vertu d'une loi provinciale qui lui confère également la mission de protéger le public. Or, l'Ordre a beaucoup d'autonomie quant à la façon dont il accomplit cette tâche. Comme le gouvernement provincial ne lui accorde aucun financement, la quasi-totalité de son budget provient des cotisations annuelles de ses membres, les infirmières et infirmiers. Son Conseil d'administration se compose majoritairement de membres de la profession et la plupart des membres du personnel professionnel sont également des infirmières. L'OIIO, c'est, en fait, des infirmières qui réglementent leur profession.

Le mot « autoréglementation » signifie également que chacun de nos 140 000 membres est tenu d'exercer la profession conformément aux normes et de perfectionner ses compétences tout au long de sa carrière.

Mais comment l'OIIO « guide »-t-il l'autoréglementation ? Il établit les normes d'exercice de la profession que tous les membres doivent respecter. Il aide aussi les membres à maintenir leur compétence par le biais du Programme d'assurance de la qualité (PAQ).

Le PAQ comporte trois volets. Le premier, l'exercice réfléchi, permet à l'infirmière, avec l'aide de ses collègues et employeurs ou au moyen du Manuel d'autoévaluation publié par l'OIIO, de découvrir ses points forts et de préparer un plan d'apprentissage afin de se perfectionner dans certains domaines. La Loi oblige toutes les infirmières et tous les infirmiers qui exercent en Ontario à participer à l'exercice réfléchi.

Un autre volet du PAQ porte sur les milieux dans lesquels les infirmières exercent leur profession. Très novateur, le Programme de consultation auprès des employeurs repose sur la participation volontaire de la direction et du personnel infirmier. Leur tâche : découvrir les éléments du milieu qui favorisent la qualité des soins infirmiers et ceux qui pourraient être améliorés. Le programme a été lancé officiellement en février, suite à une période d'essai fort réussie. L'OIIO a maitenant une liste d'attente d'établissements souhaitant y participer.

Une explication plus détaillée de chacun des volets du PAQ paraîtra dans les prochains numéros de Les soins infirmiers et vous.

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NOS INFIRMIÈRES ET INFIRMIERS : LA RECHERCHE EN SOINS ONCOLOGIQUES

Margaret Fitch cumule plusieurs tâches. Elle est chef des soins infirmiers en oncologie au centre régional Sunnybrook de cancérologie (Toronto), coordonnatrice de l'organisme Suuportive Care for Cancer Care Ontario et codirectrice de l'unité de recherche psychosociale et sur le comportement au centre Sunnybrook. Or, le point commun de toutes ces tâches est bien la recherche puisque cette infirmière dynamique assume chacun de ses rôles à titre de chercheure vouée à la découverte de solutions meilleures.

« Peu importe ce que je fais, j'essaie de fonder mes décisions sur des preuves scientifiques », affirme Margaret. Elle est d'ailleurs l'une des rares titulaires d'un doctorat en sciences infirmières à œuvrer en recherche sur les soins aux personnes atteintes d'un cancer. Ce n'est pas le genre de recherche qui évoque l'image d'éprouvettes et de laboratoires silencieux.

« La recherche médicale, effectuée par des médecins qui sont souvent secondés par des infirmières, porte habituellement sur la maladie, sur la découverte d'une cure ou d'un nouveau traitement, explique Margaret. Or, un nombre grandissant d'infirmières entreprennent leurs propres recherches et celles-ci sont axées sur les patients souffrant d'un cancer, sur les façons de reconnaître et d'atténuer leurs symptômes et de prendre tous les moyens possibles afin de soulager leur douleur et d'aider leurs soignants à répondre à leurs besoins. »

Par exemple, Margaret vient de mener une recherche sur le cancer des ovaires, maladie qui, chaque année, touche plus de 2 000 Canadiennes. Elle a interrogé des patientes afin de préparer une allocution à un congrès national sur cette maladie. Leurs témoignages l'ont beaucoup bouleversée, sans toutefois la surprendre.

« Ces femmes étaient manifestement frustrées par le réseau de soins aux personnes atteintes d'un cancer et les prestataires de soins. Nous nous sommes alors interrogés sur la façon de recueillir le point de vue d'autres femmes et de découvrir la source de certains de ces problèmes. »

Ce fut le coup d'envoi d'une étude importante. Subventionnée par Santé Canada, cette recherche portait non seulement sur les expériences des femmes atteintes d'un cancer des ovaires, mais aussi sur les connaissances et les méthodes de trois groupes importants de prestataires de soins : les médecins de famille; les gynécologues et les professionnels en médecine douce, dont les herboristes ou les naturopathes (bon nombre de patientes atteintes d'un cancer s'adressent à ces derniers à un moment donné). La recherche fut effectuée principalement par des infirmières et les résultats ont des retentissements importants tant sur l'exercice des professions infirmières et médicales que sur la formation professionnelle.

L'unité de recherche que dirige Margaret emploie plusieurs infirmières à temps plein, dont Karen Deane, IA, de Waterloo. « J'ai travaillé dans plusieurs domaines infirmiers, de la salle d'opération à l'urgence, dit-elle. Mais la recherche est particulièrement exigeante et enrichissante, car je sais que mes activités pourraient avoir des conséquences durables pour la profession infirmière. »

« À mon avis, les infirmières sont curieuses de nature, affirme Margaret. En appliquant cette curiosité à notre exercice, en nous posant des questions sur nos activités et sur nos méthodes, nous pourrons intégrer les résultats de recherches à l'exercice de chaque membre de la profession. »

L'assurance de la qualité selon Margaret Fitch : « Si les infirmières regardent les choses bien en face, elles doivent s'avouer que bon nombre de leurs pratiques découlent de rituels ou de traditions et n'ont jamais été soumises à des épreuves scientifiques. En nous fondant sur les résultats de recherches, nous avons plus de chances d'en arriver à des soins infirmiers de qualité supérieure. » Note de la rédaction : Les nouveaux critères d'admission à la profession (voir l'article à la page 2) mettent l'accent sur les compétences en recherche et sur l'aptitude à utiliser les résultats de recherches. Ainsi, à l'avenir, les programmes d'études en sciences infirmières mettront davantage l'accent sur l'application des recherches à l'exercice de la profession.

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JOURNAL DE BORD:Une semaine dans la vie d'une infirmière en soins oncologiques pédiatriques communautaires

Interlink est un organisme sans but lucratif qui vient en aide aux personnes souffrant d'un cancer et à leur famille dans diverses régions de la province grâce aux visites à domicile par des infirmières spécialistes en cancérologie. Certaines de ces infirmières, dont Marilyn Cassidy, IA, d'Ottawa, s'occupent principalement d'enfants. Nous l'accompagnons pendant une semaine.

Nous sommes dimanche soir, le moment de me préparer pour ma semaine de travail. Demain, je dois prononcer un discours devant une classe de troisième année dont un des élèves est atteint d'une tumeur au cerveau. Je me rendrai ensuite à la classe de son frère, une sixième année.

Lundi

Je rencontre la mère du patient au bureau de la direction de l'école et, accompagnées de la directrice, nous nous rendons à la salle de classe. J'explique aux enfants ce qui arrive à leur camarade. Comment peuvent-ils l'aider, me demandent-ils. Je leur conseille de lui envoyer des notes et des cartes de souhait et, peut-être, de réaliser une vidéo à son intention. Ensemble nous visionnons Why, Charlie Brown, Why?, un dessin animé sur le cancer.

Je remarque que la mère de l'enfant est au bord des larmes; l'expérience est récente et demeure très pénible pour elle. Nous expliquons aux enfants que leur camarade se porte bien depuis son opération et qu'il suit présentement une radiothérapie. Nous nous dirigeons ensuite vers la classe de son frère où je donne un discours adapté à ce groupe d'enfants plus âgés. Avant de quitter l'école, nous revoyons la directrice. Nous convenons de communiquer régulièrement; je fournirai un soutien à l'école au besoin.

De retour à l'hôpital - heure du midi. Je profite de la pause pour interroger une collègue sur les derniers événements survenus dans l'hôpital.

Je téléphone ensuite au médecin en soins palliatifs communautaires pour prendre des nouvelles d'un adolescent de 17 ans, lui aussi atteint d'une tumeur au cerveau. Son état s'est beaucoup détérioré. Il se meurt, mais souffre très peu. Je téléphone à sa mère et prends rendez-vous pour le lendemain, car elle aimerait que je l'aide à planifier les funérailles de son fils.

La mère d'un garçon de 11 ans souffrant d'une leucémie aiguë myéloïde, un type rare de cancer du sang, se présente à mon bureau. L'enfant vient de terminer une chimiothérapie de trois mois et espère subir une greffe de moelle d'ici un mois. Il a quatre frères et sœurs et, heureusement, deux d'entre eux sont des donneurs acceptables. On a choisi son frère de dix ans. Nous passons en revue les besoins éventuels des membres de la famille, tant à la maison qu'à Toronto. Je fais part à la Société du cancer de ces nouveaux besoins.

À 14 heures, je quitte mon bureau pour aller rendre visite à une jeune fille de 13 ans à qui on a diagnostiqué un sarcome ostéogénique (tumeur osseuse) au fémur. Je serai là en même temps que l'infirmière visiteuse venue lui administrer un médicament, car j'aimerais lui remettre une trousse d'information concernant cette maladie et le protocole de traitement.

Je m'entretiens avec la mère de la patiente au sujet des besoins de la famille et des services communautaires qui pourraient l'aider. Je ferai appel à la Société du cancer qui vient souvent en aide aux familles grâce à sa Maison Ronald McDonald et à ses fonds pour le transport et la nourriture d'un parent pendant le séjour de l'enfant à l'hôpital, ainsi que pour la garde des autres enfants. Pendant ma visite, la sœur cadette de la patiente, âgée de neuf ans, se joint à nous et nous parlons ensemble de sa sœur et des changements survenus au sein de la famille depuis quelques semaines.

La patiente, qui a terminé sa chimiothérapie il y a deux jours, est assise dans son lit. De bonne humeur, elle boit, mais mange peu. Je propose à la mère de consulter une diététiste. La jeune fille affirme qu'elle a commencé à perdre ses cheveux, comme prévu. Elle a déjà choisi deux casquettes de baseball qui lui plaisent. Elle essaiera de retourner à l'école dès qu'elle se sentira mieux mais, pour l'instant, nous devrons lui trouver un professeur à domicile. Je les quitte deux heures plus tard, satisfaite d'avoir bien employé mon temps à effectuer une évaluation complète et à établir une bonne relation.

Je rentre à mon bureau à domicile. Je retourne des appels, puis je laisse un rapport de chacune de mes visites dans la boîte vocale de la gestionnaire des soins infirmiers appropriée.

Mardi

Première activité : une visite au patient en soins palliatifs que j'ai mentionné hier (l'adolescent de 17 ans atteint d'une tumeur au cerveau). Les infirmières des divers quarts de travail coordonnent bien ses soins. Je consulte l'infirmière en poste, qui m'apprend que la pompe à morphine réussit assez bien à apaiser la douleur. Je passe quelque temps avec la mère à discuter de plans pour les funérailles, à l'écouter. Je joue une partie de Scrabble avec la sœur cadette du patient et l'interroge sur ses sentiments. Je lui demande si elle aimerait connaître un de nos bénévoles, qui lui rendrait visite une fois par semaine. C'est une bonne idée, dit-elle.

Je rends ensuite visite à une famille dont la fille de sept ans souffre d'un rhabdomyosarcome (tumeur du tissu musculaire) à la mâchoire. Elle réagit bien à la chimiothérapie, mais sa mère a besoin d'aide à la soigner à la maison. Ensemble nous remplissons les formulaires nécessaires. L'enfant me montre fièrement qu'elle réussit maintenant à marcher, malgré la faiblesse que la chimiothérapie a provoqué dans ses mains, ses jambes et ses pieds. En route vers la maison, je me sers de mon téléphone cellulaire pour informer la coordonnatrice des soins à domicile de la famille.

Mercredi

Je me rends à l'hôpital (l'hôpital pour enfants de l'Est de l'Ontario) à la première heure pour une réunion de l'équipe. C'est l'occasion d'échanger idées et dossiers entre coéquipiers. Ensuite, je participe à une téléconférence de 45 minutes avec mes collègues à Toronto, Sudbury et Hamilton.

Prochaine activité au programme : une rencontre d'une heure avec les parents à l'unité d'oncologie de l'hôpital. C'est l'occasion pour les parents d'obtenir un soutien moral et de discuter de leurs préoccupations. Ensuite, je me présente à une nouvelle famille, après avoir lu le dossier du patient. Plus tard l'après-midi, je fais les rondes avec l'équipe afin de recueillir des données plus récentes sur les patients.

Jeudi

J'ai prévu une conférence de cas au domicile d'un enfant de douze ans souffrant de leucémie aiguë lymphoblastique, diagnostiquée le mois dernier. La famille vit à deux heures de route du centre de traitement; aussi la rencontre avec l'équipe soignante locale sera-t-elle très utile. J'apporte beaucoup d'information sur la maladie et le traitement. Je laisse également de l'information au sujet de ce patient à l'hôpital de la localité, au cas où il aurait besoin de soins urgents. Après avoir pris mon repas au bord de la rivière, je me rends à l'école de l'enfant pour rencontrer les élèves de 6e, 7e et 8e années. Une journée bien remplie.

Vendredi

Journée que je réserve habituellement aux tâches administratives. J'ai plusieurs liens à établir, de nombreux cas à renvoyer. Mon travail est fascinant, mais il n'est pas facile. Chaque jour m'apporte de nouveaux défis, tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel.

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UNE INFIRMIÈRE ET SES CLIENTS

Le journal de bord de Marilyn Cassidy nous offre un regard intime sur les divers aspects de la relation thérapeutique que l'infirmière entretient avec ses clients. En raison de la nature complexe de cette relation, il est essentiel que l'infirmière en fixe les limites et les respecte. L'OIIO vient de publier un document en la matière à l'intention de ses membres. Intitulé Normes sur la relation thérapeutique, il renferme des conseils détaillés sur cet aspect de l'exercice de la profession infirmière. Comme les autres normes professionnelles, ce document précise les attentes auxquelles les infirmières et infirmiers en Ontario doivent se conformer.

 

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