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Les soins infirmiers et vous

Volume 1, no 6 Décembre 1999 - Soigner le diabète

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LE DIABÈTE : ENDIGUER L'ÉPIDÉMIE

Chaque année, on diagnostique le diabète chez quelque 60 000 Canadiennes et Canadiens. Aussi est-il parfaitement raisonnable de qualifier cette situation d'« épidémie du millénaire ». Les infirmières du VON (Infirmières de l'Ordre de Victoria) de la région de Peel en ont la preuve quotidiennement.

Ces infirmières effectuent environ 180 000 visites à domicile par année dans la région de Peel, à l'ouest de Toronto, et 40 % de leurs clients sont diagnostiqués diabétiques. (Il se peut qu'un plus grand nombre souffre de cette maladie sans le savoir. Voir l'encadré ci-après.) Bon nombre de ces personnes souffrent de complications graves, dont la cécité ou des infections aux pieds.

L'infirmière autorisée Linda Fraser est l'éducatrice accréditée en diabète du VON de Peel. Elle fait remarquer que les clients de son organisme ne représentent qu'une infime portion des diabétiques de la région.

« En général, les clients diabétiques se classent en trois catégories, affirme-t-elle. D'abord, il y a ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas se rendre à une clinique hospitalière pour diabétiques, soit en raison de problèmes de transport ou de communication, soit parce qu'ils souffrent d'autres affections qui les empêchent de sortir. Ensuite, il y en a d'autres qui, parce qu'ils souffrent de troubles mentaux ou physiques, sont incapables d'effectuer leurs propres analyses sanguines ou de s'injecter de l'insuline. Enfin, il y a les personnes qui souffrent de complications graves de la maladie qui les empêchent de sortir et qui ont besoin de soins infirmiers à domicile réguliers.

« Soigner les affections des pieds qui sont associées au diabète est une tâche qui revient à des spécialistes, mais ce sont les infirmières visiteuses qui, outre les autres soins qu'elles prodiguent - administration de médicaments par intraveineuse, cathéters, injections, pansements et soins palliatifs (soigner les personnes mourantes) - , sont responsables de presque tous les aspects de l'éducation et des soins en matière de diabète.

« La demande pour les soins aux diabétiques est si grande, poursuit Linda Fraser, que j'ai élaboré un cours de 30 heures sur ce thème. Plus de 20 infirmières du VON l'ont suivi. Ces jours-ci, d'autres infirmières m'envoient un si grand nombre de patients, que je m'occupe presque exclusivement de personnes diabétiques. Je ne peux pas tout faire, cependant. Je ne m'implique dans un dossier que si le diagnostic est confirmé. Même là, il faut que je fasse le plus gros du travail au téléphone. La charge de travail est énorme. »

Les infirmières visiteuses qui se spécialisent en soins du diabète doivent aussi être disposées à travailler à toute heure du jour et de la nuit puisque, chez les clients âgés ou infirmes, un léger écart du programme de soins peut provoquer une crise grave.

« C'est un travail très exigeant, et frustrant, explique Linda Fraser, parce que le mieux que nous puissions faire, c'est de stabiliser le patient. Le diabète, c'est pour toujours. Le rôle de l'infirmière consiste à aider les gens à apprendre à en maîtriser les symptômes. »

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QU'EST-CE QUE LE DIABÈTE ?

Le diabète est une maladie incurable qui empêche l'utilisation et le stockage du glucose (sucre) par l'organisme. Le pancréas, une glande dans l'abdomen, devrait normalement assurer ce processus en produisant de l'insuline, une hormone qui facilite la distribution du glucose aux diverses cellules qui en ont besoin. Si le pancréas cesse de produire de l'insuline, la personne souffre de diabète de Type 1, si la sécrétion d'insuline est insuffisante, il en résulte le diabète de Type 2. Le diabète de la grossesse, qui se déclare chez certaines femmes enceintes, est une affection temporaire. Cependant, 40 % des femmes qui en souffrent risquent de développer plus tard le diabète de Type 2. Les personnes qui souffrent du diabète de Type 1 doivent analyser régulièrement leur taux de glucose sanguin et recevoir régulièrement des injections d'insuline artificielle. Quant au diabète de Type 2, il est possible de le maîtriser en soignant son régime alimentaire, en surveillant son poids et en effectuant régulièrement de l'exercice physique. Dans certains cas, cependant, des médicaments peuvent s'avérer nécessaires, soit sous forme de comprimés, soit sous formes d'injections.

Quelques statistiques :

  • 1,5 million de Canadiennes et de Canadiens (100 millions au monde) sont diagnostiqués comme diabétiques;
  • on estime qu'environ 750 000 personnes sont atteintes du diabète, mais ne le savent pas;
  • on pose un diagnostic de diabète au Canada toutes les huit minutes;
  • environ 10 % des personnes atteintes souffrent du diabète de Type 1, qui exige des injections régulières d'insuline artificielle;
  • une femme enceinte sur 20 souffre du diabète de la grossesse.

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ÉDITORIAL : L'INFIRMIÈRE, MEMBRE D'UNE ÉQUIPE

Lorsqu'un intervieweur félicite un joueur de hockey ou de football à la suite d'un match, ce dernier s'empressera invariablement de partager les honneurs avec ses coéquipiers ou de souligner que les performances individuelles importent peu puisque son équipe a perdu.

Cette réalité vaut dans de nombreux domaines. En fait, à cet égard, les infirmières sont un peu comme des quart-arrière ou des gardiens de but car, peu importe le milieu de travail, la prestation de soins de santé est une affaire d'équipe. Chaque personne joue un rôle d'importance égale. C'est l'équipe qui gagne, et c'est l'équipe qui perd.

Tous les articles du présent numéro des Soins infirmiers et vous font ressortir ce concept. Au service de santé de Thunder Bay, par exemple, les infirmières ouvrent de concert avec des dentistes, des diététistes et des inspecteurs en santé afin de favoriser la santé de la collectivité. À North Bay, l'infirmière auxiliaire autorisée Christiane Fillion et ses collègues s'épaulent dans leur quête continue de nouvelles connaissances et bénéficient de l'appui de leur employeur.

Plus que tout autre récit sur les soins de santé, la lutte contre le diabète démontre de façon dramatique la nécessité d'une collaboration harmonieuse entre tous les membres de l'équipe soignante afin d'atteindre un objectif commun.

Dans certaines situations, le patient, même s'il participe à la prise de décisions concernant son traitement, ne joue pas nécessairement un rôle dans la prestation des soins. Il passe le ballon aux autres membres de l'équipe en toute confiance.

Or, dans le cas du diabète, le patient joue un rôle à part entière, car l'autosurveillance est le principe de base du traitement de cette maladie. La personne diabétique bénéficie toutefois d'un réseau d'entraide fort étendu, allant de l'endocrinologue employé par le laboratoire au sociologue qui invente un programme informatisé pour l'aider à composer avec les changements qui surviennent dans sa vie.

Shauna Adeland (voir l'article intitulé « Réflexions ») exprime avec éloquence la réalité : nous devons partager nos idées et nos expériences et « écouter les témoignages des autres » afin d'améliorer nos chances de victoire. C'est d'ailleurs une démarche qui semble instinctive chez les infirmières.

Mary MacLeod, IA, présidente du Conseil
Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario

Margaret Risk, IA, directrice générale
Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario

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MODIFIER LE COMPORTEMENT : VIVRE AVEC LE DIABÈTE

De toutes les maladies courantes au Canada, le diabète est probablement celle qui permet le plus à la personne touchée d'agir sur son propre destin. Grâce à l'autosurveillance du taux de glucose sanguin, à l'administration correcte de médicaments, à une bonne hygiène alimentaire et à un programme d'exercice physique, la personne diabétique peut limiter ou même éviter les complications qui entraînent de graves problèmes de santé, voire la mort.

Néanmoins, de nombreux diabétiques, surtout ceux qui viennent d'apprendre le diagnostic, éprouvent de la difficulté à s'adapter aux changements qu'ils doivent apporter à leur mode de vie : effectuer régulièrement une analyse sanguine, prendre régulièrement ses médicaments, adopter des habitudes alimentaires plus saines ou cesser de fumer, par exemple. C'est justement à l'intention de telles personnes qu'une équipe à l'hôpital Mount Sinai, à Toronto, a lancé son projet de recherche.

Intitulée Diabetes: Stages of Change, l'étude se poursuit depuis près de deux ans sous la direction d'Helen Jones, IA, une infimière clinicienne spécialisée, et du docteur Bernard Zinman de l'université de Toronto.

« Nous avons plusieurs centaines de volontaires chez qui on a diagnostiqué le diabète au cours de l'année précédant le début de leur participation à l'étude, explique Helen Jones, qui dirige également l'unité de recherches cliniques sur le diabète à l'hôpital. Certaines de ces personnes s'injectaient de l'insuline, d'autre prenaient des comprimés. La moitié d'entre elles ont été sélectionnées au hasard comme membres du groupe-témoin : elles poursuivent donc leur traitement habituel. Les autres participent à un nouveau programme de traitement qui porte le nom « Pathways to Change ». Pendant douze mois, nous surveillerons leur comportement et le comparerons à celui du groupe-témoin. Nous espérons ainsi découvrir que le nouveau programme est efficace. »

Le nouveau programme comprend plusieurs éléments, dont un logiciel, des bulletins d'information, des rapports rédigés par les participants et des conseils téléphoniques réguliers offerts par une infirmière. Il est le fruit des travaux d'une équipe de chercheurs de l'université du Rhode Island qui, depuis une vingtaine d'années, étudient les changements de comportement dans le contexte des soins de santé. L'étude en cours à l'hôpital Mount Sinai est la première mise à l'essai du programme élaboré en 1997.

« Le programme a pour but de renseigner et d'influencer la personne diabétique dans trois domaines importants, soit les analyses sanguines, l'alimentation saine et le tabagisme, explique Helen Jones. Car ces trois facteurs jouent un rôle important dans leur attitude envers leur maladie. Ainsi, la personne s'adapte graduellement à certains des changements qu'elle devra apporter à ses habitudes afin de pouvoir jouir pleinement de la vie. »

Les infirmières à l'hôpital Mount Sinai jouent un rôle essentiel dans cette étude puisqu'elles en expliquent le déroulement aux patients, les conseillent tout au long de leur participation et analysent les résultats. Mais soulignons également que, si le programme s'avère efficace et facilite le traitement du diabète, cette étude aura des retombées positives pour les infirmières et leurs clients partout en Ontario.

« Les infirmières ont toujours ouvré sur les premières lignes dans le domaine des soins aux diabétiques, affirme Helen. Ce sont elles qui aident les gens à composer avec leur maladie et à vivre une vie assez normale malgré tout. Le programme « Pathways to Change » pourrait être un outil puissant qui faciliterait grandement leur tâche. »

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SANTÉ PUBLIQUE : QUI SONT LES ACTEURS ?

Cette rubrique a pour but de vous faire connaître les prestataires de soins qui ouvrent dans différents milieux de soins. Pour le présent numéro, nous avons visité le service de santé qui dessert une immense région du Nord de l'Ontario.

Le service de santé du district de Thunder Bay a vu le jour en 1968. Cette année-là, les villes de Fort William et de Port Arthur ont fusionné pour créer la nouvelle municipalité de Thunder Bay qui, aujourd'hui, est parmi les plus étendues dans la province. En effet, sa superficie représente près de 28 % du territoire ontarien. Le service de santé, dont le siège social est situé à Thunder Bay, a cinq succursales.

Environ 200 000 personnes vivent dans cette région qui s'étend de la frontière canado-américaine à la baie d'Hudson. Le service de santé leur fournit des services d'éducation et de prévention dans les domaines suivants :

  • maladies chroniques;
  • dépistage précoce du cancer;
  • prévention des blessures;
  • toxicomanie et alcoolisme;
  • santé sexuelle;
  • santé génésique (dont les cliniques de soins néonataux);
  • santé des enfants (y compris la santé dentaire et l'évaluation de la parole et de l'ouïe);
  • lutte contre les maladie infectieuses;
  • hygiène de l'alimentation;
  • salubrité de l'eau;
  • maladies transmises sexuellement, y compris le VIH;
  • lutte contre la tuberculose;
  • maladies que l'on peut prévenir au moyen de vaccins.

Le service de santé de Thunder Bay répartit ces tâches parmi ses 110 employés, dont 45 infirmières. Le médecin-hygiéniste qui assure la direction de l'organisme doit répondre au Conseil de santé, groupe de douze personnes nommées par les diverses municipalités du district, qui contribuent 50 % du budget de fonctionnement du service de santé (le reste est versé directement par la province). L'organisme comprend cinq services :

Ressources administratives

Les membres de ce service assument surtout les tâches administratives, financières et informatiques de l'organisme. Cependant, la bibliothécaire coordonne également les tâches des nombreux bénévoles qui ouvrent à des programmes tels que l'échange d'aiguilles et les campagnes d'immunisation et d'éducation alimentaire.

Maladies transmissibles / Environnement et mise en application des lois

Cette équipe comprend les inspecteurs en santé publique qui ont pour tâche de veiller à ce que la nourriture servie dans les restaurants et l'eau potable soient sans danger pour la population. Plusieurs infirmières en santé publique effectuent de la sensibilisation et offrent des conseils sur les maladies transmissibles, dont la tuberculose.

Services cliniques et spécialisés

Cette équipe inclut les professionnels en soins dentaires, les audiologues et les orthophonistes, qui travaillent principalement auprès des enfants d'âge préscolaire et scolaire. Y travaillent également des infirmières qui effectuent des tests de dépistage du VIH, administrent des vaccins et organisent des cliniques sur la santé sexuelle.

Ressources en santé et communications

Il s'agit du service de communications avec le public. On y trouve aussi l'épidémiologue (responsable des programmes d'immunisation), la nutritionniste et les diététistes et une infirmière, qui coordonne le programme de santé cardiaque.

Soins infirmiers communautaires

La plupart des infirmières de première ligne - celles qui visitent les nouvelles mères à domicile, donnent des cours prénataux, prononcent des conférences devant des groupes de personnes âgées ou des groupes d'élèves - font partie de ce service, tout comme celles qui travaillent à partir des succursales.

Des 45 infirmières employées par le service de santé, 37 utilisent le titre infirmière-hygiéniste; les autres détiennent un diplôme en soins infirmiers ou en santé publique. Toutes sont des IA (infirmières autorisées). Il y a également six IA qui ne sont pas infirmières-hygiénistes et deux IAA (infirmières auxiliaires autorisées). Ces dernières secondent les médecins et les infirmières-hygiénistes en matière de santé sexuelle et d'immunisation.

Comme tout autre service de santé en Ontario, celui de Thunder Bay fournit certains traitements, surtout dans le domaine des maladies infectieuses. Toutefois, l'accent est mis sur la prévention des blessures et de la maladie, principalement par le biais d'activités de promotion de la santé et de sensibilisation. Les compétences particulières des infirmières sont essentielles à cette démarche visant à assurer la santé de la population.

Nous remercions Darlene Binette, IA, coordonnatrice clinicienne au service de santé du district de Thunder Bay, qui a aidé à la rédaction de cet article.

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LES INFIRMIÈRES S'AUTORÉGLEMENTENT : L'APPRENTISSAGE PERMANENT

La profession infirmière est peut-être parmi les moins statiques. En effet, en raison de l'évolution rapide de la technologie et des progrès réalisés par les chercheurs, sans oublier l'importante restructuration du réseau de la santé en Ontario, les infirmières doivent travailler fort pour se tenir à jour.

Christiane Fillion est une IAA (infirmière auxiliaire autorisée) à North Bay. À son avis : « il y a toujours de l'information nouvelle, de nouveaux traitements. Nous devons nous tenir au courant. »

L'apprentissage permanent est le principe de base du Programme d'assurance de la qualité de l'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario, l'organisme qui réglemente la profession infirmière. Sa mission est de protéger le public; aider les infirmières à demeurer compétentes s'inscrit dans cette mission.

Acquérir une formation de base en sciences infirmières, réussir l'examen d'agrément national et s'inscrire auprès de l'Ordre, voilà les premières étapes de l'apprentissage que l'infirmière poursuivra pendant toute sa vie. Et Christiane, qui exerce la profession depuis moins de dix ans, est déjà le parfait exemple de ce cheminement.

Recommençons au début. Christiane, qui a grandi à Elliot Lake, environ à mi-chemin entre Sault Ste. Marie et Sudbury, a su très tôt qu'elle souhaitait avoir une vie hors de l'ordinaire. Mais comment ? Comme avocate, peut-être. Ainsi, après le secondaire, elle s'est inscrite à un cours de formation de clerc d'avocat. En très peu de temps, elle a constaté que cela ne répondait pas à ses besoins : elle n'était pas destinée à un emploi dans un bureau.

Elle s'est alors tournée vers le domaine de la santé et a été admise aux cours d'hygiéniste dentaire et d'infirmière auxiliaire au collège Canadore, à North Bay.

« Peu avant, j'avais passé beaucoup de temps avec ma grand-mère, à Sudbury, dit-elle. Elle était très malade, et j'observais les infirmières qui la soignaient. J'ai décidé que ce genre de travail pratique m'attirait. »

Christiane a suivi un cours de rattrapage en chimie durant l'été, puis elle s'est inscrite au collège Canadore. Elle a obtenu son diplôme d'infirmière auxiliaire en mai 1990. Même si elle avait effectué son stage pratique (expérience en cours d'études) à l'hôpital psychiatrique de North Bay, elle a décroché un premier emploi à une maison de soins infirmiers à Callander, un village au sud de North Bay. Elle travaille dans ce domaine depuis.

À son grand plaisir, on lui a donné beaucoup de responsabilités comme infirmière débutante. Mais elle n'est resté qu'un an à Callander : l'attrait de salaires plus élevés à North Bay et la proximité de sa famille l'ont ramenée à North Bay. Elle travaille au foyer Casselholme pour personnes âgées depuis huit ans. Mais elle ne s'est pas enlisée dans une routine, car elle ne cesse de poursuivre son apprentissage et de vivre de nouvelles expériences.

La liste de cours de perfectionnement que Christiane a suivis depuis le début de sa carrière est fort longue : administration de médicaments, cathétérisation, ponction veineuse, anatomie humaine, traitement des plaies, traitement de la douleur et bien d'autres. En tout, une douzaine de cours depuis qu'elle travaille au foyer Casselholme. Certains cours étaient offerts par son employeur, tandis que d'autres se donnaient dans une autre ville et nécessitaient des déplacements. Son employeur l'a appuyée dans toutes ses démarches.

« Les gestionnaires du foyer m'ont beaucoup encouragée. Ils savent qu'ils bénéficieront de mes nouvelles connaissances. Mais ces cours ne constituent que de petits progrès. J'aimerais retourner aux études à temps plein, peut-être obtenir mon diplôme d'infirmière autorisée. Je le ferai peut-être un jour. Je sais que j'en serais capable mais, pour l'instant, je n'en ai pas les moyens financiers. Et ce serait beaucoup de travail. J'y réfléchis. »

Entre-temps, Christiane ne cesse d'« élargir ses horizons »; tantôt elle suit un cours, tantôt elle assiste à un atelier en milieu de travail. En outre, elle pratique l'exercice réfléchi, un volet du Programme d'assurance de la qualité, qui oblige toutes les infirmières ontariennes à rédiger et à mettre en ouvre un plan d'apprentissage.

« Cette année, je vais perfectionner mes compétences en tenue de dossiers. J'ai suivi un atelier en milieu de travail sur cette question et pendant mes quarts de nuit, mes collègues m'ont donné des conseils. L'exercice réfléchi est très utile. »

À son avis, : « exercer la profession infirmière peut devenir monotone, peu importe l'image qu'on nous en donne à la télé. Il faut profiter de toutes les occasions pour se perfectionner, pour mettre à l'épreuve ses aptitudes et repousser ses limites. »

En somme, une expérience hors de l'ordinaire : exactement ce dont Christiane rêvait lorsqu'elle a choisi la profession infirmière.

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DES INFIRMIÈRES FONT L'ACTUALITÉ : ARMÉES POUR LA LUTTE CONTRE LE DIABÈTE

Bien qu'il n'y ait toujours pas de cure pour le diabète, nous pouvons continuer la lutte contre cette maladie à l'aide des armes dont nous disposons. À l'heure actuelle, les meilleures armes dans notre arsenal sont la recherche et la sensibilisation du public et des professionnels.

La personne responsable de cet arsenal à l'Association canadienne du diabète est une infirmière. Donna Lillie, infirmière autorisée, est directrice nationale de la recherche et de la formation professionnelle à l'Association. Elle est responsable non seulement des scientifiques novateurs, dont bon nombre sont des infirmières, qui s'attaquent au diabète sur tous les fronts (recherches dont le coût s'élèvera, cette année, à 5 millions de dollars), mais aussi du réseau national d'éducateurs sur le diabète, dont la majorité sont des infirmières, qui sont essentiels au traitement de cette maladie.

« Il va sans dire que l'équipe de lutte contre le diabète est très nombreuse, explique Donna. Elle s'articule autour du client, qui assume une très grande responsabilité pour ses soins. Mais l'infirmière enseignante agit souvent comme animatrice et comme coordonnatrice, car c'est elle qui veille à ce que tous les membres de l'équipe travaillent en harmonie et visent les mêmes objectifs. »

En ce qui a trait à son propre poste, Donna affirme que sa formation d'infirmière et son expérience dans les domaines de l'éducation des patients et de l'administration hospitalière l'ont exposée à toute la gamme de soins du diabète et lui permettent d'envisager un problème ou une solution sous plusieurs angles.

Quels sont les principaux objectifs de l'Association à ce stade de la lutte ? « Notre but ultime est, bien sûr, d'éliminer le diabète, affirme Donna. Or, il est difficile de savoir si nous approchons de notre objectif. Entre-temps, nous devons assurer la meilleure qualité de vie possible aux personnes qui souffrent de cette maladie. C'est-à-dire : sensibiliser la population, dépister très tôt la maladie afin d'en éviter les complications, veiller à ce que les personnes qui sont diagnostiquées connaissent bien les mesures qu'elles peuvent prendre et qu'elles possèdent les aptitudes nécessaires pour l'autosurveillance.

«Les recherches laissent entrevoir la possibilité de nouvelles pharmacothérapies et apportent des idées nouvelles en matière de nutrition. Il y a également des études très prometteuses sur les causes du diabète de Type 2 et sur des moyens de stimuler le fonctionnement du pancréas. À mon avis, les meilleures recherches découlent d'idées brillantes, et nous avons la chance d'avoir des personnes vraiment brillantes qui travaillent en notre nom. »

Coordonner les efforts de ces cerveaux brillants, ainsi que ceux des centaines d'enseignantes et d'enseignants qui luttent pour endiguer « l'épidémie » qu'est le diabète est une tâche monstre. Mais les Canadiennes et les Canadiennes qui souffrent de cette maladie ont de la chance, car Donna Lillie mène une lutte acharnée.

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LE DIABÈTE : SYMPTÔMES ET FACTEURS DE RISQUE

Les symptômes suivants sont dramatiques et surgissent soudainement chez les personnes atteintes du diabète de Type 1, mais moins soudainement, et parfois pas du tout, chez celles qui souffrent du diabète de Type 2 :

  • soif intense ou changement de l'appétit;
  • perte de poids inusitée;
  • besoin fréquent d'uriner;
  • fatigue extrême;
  • irritabilité;
  • vision floue;
  • vomissements ou nausées;
  • blessures ou contusions qui guérissent lentement; ou
  • picotements ou engourdissement aux extrémités.

Vous avez plus de chances de développer le diabète si :

  • des membres de votre famille en souffrent;
  • vous êtes âgé de plus de 45 ans;
  • vous avez beaucoup de kilos en trop;
  • vous avez donné naissance à un gros bébé (plus de quatre kilos);
  • vous êtes inactif; ou
  • vous êtes d'origine hispanique, africaine ou autochtone.

Le diabète est une des principales causes de décès non-accidentel au Canada. S'il n'est pas traité correctement, il peut entraîner la cécité, l'amputation de membres, la maladie de cour, des problèmes de reins ou l'impotence. Si le diabète est diagnostiqué assez tôt et que la personne s'autosurveille correctement ces complications peuvent être évitées.

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QU'EST-CE QUE LA PROFESSION INFIRMIÈRE ? (et regard sur le rôle d'infirmière auxiliaire autorisée)

Le but de la profession infirmière est de rétablir, de préserver et d'améliorer la santé du patient. C'est une « science » autant qu'un « art ». Une science parce que les infirmières et les infirmiers doivent appliquer leurs connaissances professionnelles et techniques; un art parce qu'ils doivent établir une relation thérapeutique fondée sur la bienveillance et la compassion, relation qui leur permettra d'appliquer leurs connaissances et leur jugement. Ainsi, les infirmières et les infirmiers se préoccupent de la personne, pas seulement de sa maladie.

Les infirmières et les infirmiers peuvent jouer des rôles divers (prestataire de soins, administratrice, enseignant, chercheure) dans toutes sortes de milieux, dont les hôpitaux, les établissements de soins prolongés, le domicile du patient, des cliniques, des entreprises ou des salles de classe. Ils soignent des patients de tous âges dont l'état de santé peut être excellent ou menacé.

En Ontario, la profession infirmière comprend deux catégories de membres : les infirmières et infirmiers autorisés (IA) et les infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés (IAA). Ce sont les seuls prestataires de soins qui ont le droit d'utiliser le titre « infirmière » ou « infirmier ». Les membres des deux catégories sont soumis aux mêmes exigences réglementaires; ils doivent se conformer aux mêmes normes d'exercice et les processus de discipline, de plaintes et d'inscription sont les mêmes pour tous les membres de la profession. Les deux catégories se distinguent toutefois dans deux domaines : les critères en matière de formation et le champ de compétence.

Les IA exercent depuis plus d'un siècle, tandis que la profession d'infirmière auxiliaire est apparue durant la Deuxième Guerre. C'est alors que le besoin grandissant d'infirmières a mené à la création, au Canada, d'un certain nombre de cours de formation de six mois. Les diplômées portaient le titre d'infirmière auxiliaire (en anglais practical nurse). Après la guerre, les premiers centres de formation pour « aide-infirmières » ont été créés en Ontario. En 1953, on a prolongé la durée du programme de formation, qui s'étendait désormais sur dix mois.

La première association professionnelle d'« aide-infirmières » a été fondée en 1958. Depuis, elle a porté divers noms, puisque ses membres ont bientôt été appelés infirmières auxiliaires (en anglais, registered nursing assistants). En 1993, le titre a changé de nouveau en anglais (désormais registered practical nurse), mais pas en français. Ainsi, l'Association des infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés de l'Ontario offre désormais divers services d'appoint à ses quelque 33 000 membres et agit comme leur porte-parole. La durée du programme de formation pour IAA dans 30 collèges et écoles secondaires est de trois sessions. Le programme de formation d'IAA est présentement en cours de révision afin de veiller à ce qu'il réponde aux attentes plus élevées de l'Ordre des infirmières et infirmières de l'Ontario à l'égard des IAA qui débuteront leur carrière en 2005.

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RÉFLEXIONS : UNE ÉTUDIANTE À L'UNIVERSITÉ QUI SOUFFRE DU DIABÈTE DE TYPE 1

En 1985, alors qu'elle n'avait que cinq ans, Shauna Adeland, de London, a appris qu'elle souffrait du diabète. Cette maladie a changé sa vie à jamais, ainsi que celle de ses parents, qui devraient dorénavant lui consacrer beaucoup de temps afin de l'aider à maîtriser sa maladie. Par le biais de l'Association canadienne du diabète, ses parents se sont beaucoup impliqués dans des activités de sensibilisation et de recherche. En vieillissant, Shauna a suivi leur exemple. Elle a également acquis une grande autonomie en matière de ses soins. L'automne dernier, Shauna, qui se destine à une carrière de travailleuse sociale, a entrepris sa première année d'études à l'université Western Ontario. Bien qu'elle vive toujours chez ses parents, le rythme de la vie à l'université ne facilite pas la surveillance de sa maladie. En outre, 19 ans est toujours un point tournant pour les personnes diabétiques, car c'est à cet âge qu'elles cessent d'être soignées par un pédiatre et qu'elles doivent assumer la responsabilité de leurs soins. Suivent quelques réflexions de Shauna sur sa maladie et comment elle influe sur sa vie.

Dès que je me réveille le matin, je dois d'abord faire une analyse de sang. Je connaîtrai alors mon taux de glucose sanguin et je pourrai ajuster ma dose d'insuline en conséquence. Je me faisais autrefois deux injections par jour, mais je suis passée à trois afin de mieux maîtriser les choses.

Je suis végétarienne et mon alimentation est très saine. Je prends trois repas par jours et quelques collations. Avant la mise en marché de l'Humalog (insuline à effet accéléré), il était essentiel de prendre des collations entre les repas, mais ce n'est plus le cas. L'Humalog est un excellent produit et permet à bien des jeunes qui souffrent du diabète de vivre une vie plus active et plus spontanée. Il nous accorde beaucoup plus de flexibilité dans les heures des repas, du lever, etc.

J'ai toujours un glucomètre avec moi à l'école, au cas où je ressentirais une chute de glycémie ou tout simplement pour vérifier le taux de glucose dans mon sang. J'ai également un stylo Humalog, au cas où je n'arriverais pas chez moi à temps pour le dîner. Et j'ai toujours un peu de nourriture par mesure de précaution. Si l'autobus tombait en panne et que je devais rentrer à pied, un trajet de 20 minutes, il me faudrait quelque chose.

Je prends ma troisième injection d'insuline le soir, avant de me coucher. Et je vérifie aussi mon taux de glucose sanguin à ce moment-là afin de décider si je devrais manger quelque chose.

Comme je souffre du diabète depuis l'âge de cinq ans, je n'ai aucun souvenir de ma vie « avant le diabète ». Quand j'étais petite, mème mes poupées étaient diabétiques. Cela fait si bien partie de ma routine que je n'y pense plus.

Mes parents m'ont toujours dit que je pourrais faire tout ce que je voudrais, et c'est vrai. Il suffit de ne pas faire de folies, comme manger tout un sac de réglisse. Il arrive encore que les gens me regarde de travers s'ils me voient manger un biscuit aux brisures de chocolat. Je peux faire n'importe quoi, à condition d'être prête à prendre les mesures nécessaires. Je n'ai jamais souffert de discrimination fondée sur ma maladie. Les gens n'ont vraiment aucune idée de ce que cette maladie représente.

Peu importe où je suis, je me sens parfaitement à l'aise de m'injecter de l'insuline ou de vérifier mon taux de glucose sanguin. D'ailleurs, j'aime bien que cela stimule la conversation puisque j'ai alors l'occasion, mine de rien, de sensibiliser les gens.

Une porte-parole

Quand on m'a diagnostiqué le diabète de Type 1, mes parents, sans doute comme bien d'autres parents dont l'enfant souffre d'une maladie chronique, ont voulu quitter leur emploi et partir à la recherche d'une cure. Ils ont conclu un marché avec moi : ils feraient tout leur possible pour recueillir des fonds pour l'Association canadienne du diabète et, quand j'aurais l'âge de m'impliquer, je ferais ma part.

Toute petite, je faisais du porte-à-porte avec mes parents en mars (maintenant, novembre est le mois du diabète) pour la campagne de fonds. Et je suis devenue une mordue du bénévolat : plus j'en faisais, plus je voulais en faire. L'idée d'organiser un groupe d'entraide pour adolescents est devenue réalité. Maintenant, j'espère que le groupe d'adolescents de London servira de modèle à des jeunes diabétiques dans d'autres villes. De plus, je siège maintenant au conseil de la section du district de London de l'Association, ce qui donne une voix aux jeunes atteints du diabète.

Depuis l'âge de huit ans, je vais au camp d'été Huronda (camp résidentiel pour enfants atteints du diabète, situé sur le lac Waseosa, près de Huntsville). J'ai d'abord été campeuse, puis monitrice, et, depuis deux ans, je suis responsable des arts et de l'artisanat. J'y ai connu plusieurs moniteurs qui m'on servi d'excellents modèles. En tant que membre du personnel, c'est maintenant à moi de jouer ce rôle.

Au fil des ans, j'ai participé à de nombreux programmes merveilleux qui ont rassemblé des jeunes atteints du diabète. Nous devons faire connaissance et écouter les témoignages des autres, peu importe leur âge. L'appui que nous nous apportons est essentiel.

Il va sans dire que, si on m'avait consultée, j'aurais choisi de ne pas souffrir du diabète. Mais, comme je suis diabétique, il est important pour moi d'avoir un regard positif sur la vie et d'agir à titre de porte-parole.

Rencontres avec des infirmières

Même très jeune, j'essayais d'assumer la responsabilité de surveiller ma maladie. Et j'y réussis maintenant assez bien; même lorsque je n'ai pas envie de faire l'effort, mon cerveau et mon cour m'obligent à prendre le temps nécessaire pour faire ce qu'il faut. Je sais d'ailleurs que si jamais je faisais une erreur, il y aurait des gens prêts à me secourir. Mes parents les premiers, et ensuite, une infirmière.

Depuis plusieurs années, j'ai eu des rencontres avec des infirmières dans deux milieux. D'abord à l'hôpital, où je me rends régulièrement comme cliente de la clinique pour le diabète (depuis que j'ai atteint l'âge adulte, il s'agit de deux consultations par an au lieu de quatre). Des infirmières m'accueillent, me mettent à l'aise et font l'évaluation initiale de mon état de santé. Ensuite, en plus d'une consultation auprès de l'endocrinologue et de la diététiste, je passe beaucoup de temps avec l'enseignante, une IA, qui discute avec moi des changements dans mon mode de vie et de leurs répercussions sur ma maladie. Je sais que je peux toujours m'adresser à elle en cas de problème.

Et, au camp Huronda, il y a toujours des infirmières qui enseignent et fournissent un appui. Comme je suis membre du personnel maintenant, plusieurs d'entre elles sont devenues de bonnes amies.

L'autosurveillance du diabète repose en grande partie sur la confiance en soi. Il faut également se fier aux personnes qui vous aident. Les infirmières m'ont beaucoup aidée à acquérir cette confiance durant ma jeunesse et je sais qu'elle est acquise pour de bon.

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QU'EST-CE QUE L'ORDRE DES INFIRMIÈRES ET INFIRMIERS DE L'ONTARIO ?

L'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario (OIIO) est l'organisme qui réglemente la profession infirmière dans cette province. Bien qu'il ait été créé par le gouvernement provincial, l'Ordre fonctionne indépendamment et ne reçoit aucun financement public : ses recettes proviennent presque entièrement des cotisations annuelles de ses membres. L'Ordre établit les critères d'admission à la profession infirmière en Ontario, ainsi que les normes que doivent respecter les infirmières et les infirmiers afin de conserver leur titre et leurs privilèges. Seules les personnes qui détiennent un certificat d'inscription de l'OIIO peuvent exercer la profession en Ontario et utiliser les titres « infirmière » ou « infirmier », « infirmière autorisée »ou « infirmier autorisé » et « infirmière auxiliaire autorisée » ou « infirmier auxiliaire autorisé ».

 

 

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