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Les soins infirmiers et vous

Volume 2, nș 1 février 2000 - Les soins infirmiers communautaires

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Éditorial : Notre objectif : améliorer la profession infirmière

Le Conseil de l'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario (OIIO) a adopté dernièrement de nouveaux critères d'admission à la profession d'infirmière auxiliaire autorisée (IAA). Ces critères entreront en vigueur en 2005. À la fin de 1998, le Conseil avait décrété qu'à compter de 2005 les IA devraient désormais détenir un baccalauréat.

Grâce à ces nouveaux critères, la profession infirmière pourra relever les défis du XXIe siècle, puisqu'ils visent à harmoniser les besoins changeants des clients avec les compétences que doivent posséder les infirmières pour pouvoir y répondre. Et ceci s'inscrit parfaitement dans le mandat de l'OIIO - protéger les intérêts des consommateurs de soins infirmiers.

De nos jours, les infirmières doivent soigner des clients plus malades, assumer une charge de travail plus lourde et utiliser des appareils plus complexes. Les nouveaux critères d'admission pour les IAA reflètent la formation, les connaissances, les compétences et le jugement que doit posséder l'infirmière débutante ouvrant dans cet environnement plus exigeant. Ces critères élargissent le champ d'exercice de l'IAA en ajoutant de nouvelles compétences, en favorisant la prise de décisions autonome et en renforçant les rapports avec les IA et les autres prestataires de soins.

L'Ordre, le gouvernement provincial et des enseignants en sciences infirmières travaillent actuellement à intégrer les nouvelles attentes aux programmes d'études de base des IAA et des IA.

Mais, l'OIIO ne pense pas seulement aux infirmières de demain. Il met aussi en ouvre des initiatives touchant les infirmières qui exercent présentement. Ainsi, il poursuit l'élaboration du Programme d'assurance de la qualité, cet outil qui permet aux infirmières actives de maintenir leur compétence et de parfaire leurs connaissances et leurs compétences.

Ces changements, et toutes les activités qu'entreprend l'Ordre, visent essentiellement à vous protéger lorsque vous entrez en contact avec une infirmière ontarienne. Car votre santé et votre bien-être reposent sur la relation que vous tissez avec cette dernière. Et améliorer la formation des infirmières ne pourra que rehausser la qualité de cette relation.

Mary MacLeod, IA
Présidente du Conseil de l'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario

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Exercer à Owen Sound

Située sur le Lac Huron, à l'extrémité de la péninsule de Bruce, Owen Sound est une localité ontarienne de taille moyenne tout à fait typique. Bien qu'elle ne compte que 20 000 habitants, elle est toutefois le principal centre de services des comtés de Grey et de Bruce, soit une population totale de plus de 150 000 personnes. Le résultat : plus de 900 infirmières exercent aujourd'hui à Owen Sound dans divers secteurs d'activités.

L'hôpital local du centre hospitalier régional de Grey-Bruce est immense : environ 500 infirmières y travaillent. On retrouve également à Owen Sound trois maisons de soins infirmiers, quatre foyers pour personnes âgées, deux maisons de retraite, sept agences d'infirmières visiteuses et plusieurs cabinets et cliniques de médecine familiale. Le collège Georgian offre un programme d'études pour IAA et plusieurs industries embauchent des infirmières, tout comme le bureau de santé et le centre d'accès au soins communautaires de Grey-Bruce. Des infirmières travaillent aussi à la prison, au laboratoire local et dans divers autres organismes de services sociaux ou médicaux.

Owen Sound a une longue tradition en matière de formation des infirmières. L'école d'infirmières de l'hôpital General and Marine a été fondée en 1901 et a fonctionné jusqu'en 1968, date à laquelle fut fondée l'école régionale d'infirmières. Le collège Georgian a pris la relève quelques années plus tard. Aujourd'hui, les infirmières autorisées terminent leurs études au campus du collège, à Barrie.

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Préparer les infirmières de demain : Une vie consacrée à l'enseignement

Sandy Brewer, IA et chef du programme d'études pour infirmières auxiliaires autorisées (IAA) au collège Georgian d'Owen Sound, a débuté dans l'enseignement à peine trois ans après avoir obtenu son diplôme. Elle a d'abord enseigné aux préposés aux malades à l'hôpital de Walkerton.

« Dès que j'ai commencé à enseigner, j'ai su que j'avais trouvé ma voie : j'ai adoré ça ! ». Sandy enseigne au collège Georgian depuis 20 ans. Au début, elle donnait des cours sur la RCR, puis ce fut des cours aux techniciens médicaux. Finalement, en 1978, Sandy est devenue prof au sein du programme d'études pour IAA, qui venait de naître.

« J'ai enseigné toutes les matières au fil des ans. Mes préférées ? L'anatomie et la physiologie », affirme-t-elle. Sandy a enseigné à environ 600 diplômées durant sa carrière. Elle les rencontre d'ailleurs souvent lorsqu'elle se déplace dans les cantons de Grey et de Bruce.

En général, le programme d'études pour IAA, qui dure 12 mois, se fait en trois trimestres consécutifs. En raison des changements aux critères d'admission à la profession d'IAA recommandés par l'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario (OIIO) - l'organisme qui réglemente la profession infirmière - (lire l'éditorial), la durée du programme pourrait être prolongée. Sandy siégeait au groupe de planification de l'OIIO et est également membre de l'instance gouvernementale qui élabore les nouvelles normes pour les programmes d'études.

« Ces nouveaux critères ne me font pas peur, explique-t-elle. Nous avons toujours enseigné à nos étudiantes à raisonner, à remettre en question, à débattre. Elles ont confiance en leurs compétences et leurs connaissances.

« Notre programme est orienté sur la compassion et met beaucoup l'accent sur la nature de la relation thérapeutique. Nos étudiantes reçoivent une formation bien équilibrée. »

Sandy est le seul prof à temps plein. Plusieurs de ses six collègues travaillent en milieu clinique. « Nous cherchons des infirmières diplômées, qui sont patientes, ne jugent pas, ont un bon sens de l'humour et adorent enseigner, déclare-t-elle. Enseigner est un art et exige un caractère spécial. »

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Infirmière d'abord, mais aussi...

Plus de la moitié des infirmières d'Owen Sound travaillent à l'hôpital local du centre hospitalier de Grey Bruce (CHGB), qui administre six hôpitaux dans les deux comtés. Mais si vos impressions sur le rôle des infirmières en milieu hospitalier s'inspirent des émissions télé, vous serez surpris de découvrir qu'elles jouent, en fait, des rôles différents et fascinants.

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Coordonnatrice, prévention des infections

Anne Tobey, IA, est coordonnatrice des services de prévention des infections à l'hôpital du CHGB à Owen Sound. Elle est responsable de prévenir et de maîtriser la transmission des infections dans un milieu où existe en permanence une large gamme d'organismes nuisibles.

Autoréglementation :

Les Lignes directrices sur la prévention des infections, parues en 1996, sont très utiles à Anne dans son travail. Ces normes ont été élaborées avec le concours d'infirmières telles qu'Anne.

« Je suis, d'abord et avant tout, une enseignante, explique Anne. Je consulte les médecins et les infirmières dans tous les services hospitaliers afin de m'assurer que l'on applique les procédures indiquées visant à empêcher les infections. Il s'agit, notamment, de vêtements protecteurs, de systèmes de rangement ou de l'isolement des patients. Mais bien se laver les mains est le moyen le plus sûr d'empêcher la transmission des infections. »

Anne collabore aussi étroitement avec les autres organismes communautaires afin de prévenir les infections après que le patient a quitté l'hôpital. Dernièrement, elle a enseigné aux conducteurs bénévoles du centre d'accès aux soins communautaires les façons de se protéger, et de protéger leur véhicule, contre les infections. Son objectif : assurer leur sécurité et celle de tous leurs clients.

« La majorité de nos activités impliquent le toucher, poursuit-elle. Et c'est une source de danger, parce que les maladies transmissibles sont très tenaces. Nous devons donc tout faire pour qu'elles ne se transmettent pas. »

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Planificatrice des congés

Autoréglementation :

Pour pouvoir aider les clients à choisir où aller après leur séjour à l'hôpital, Mary doit bien connaître les autres établissements de soins de la région. Si la qualité des soins prodigués dans un établissement la préoccupe, elle peut recommander à la direction de participer au Programme de consultation auprès des employeurs de l'OIIO.

Mary Devlin, IA, s'est donnée le surnom de la « dame aux choix multiples ». Elle fait partie de l'équipe de planification des congés du CHGB, c'est-à-dire qu'elle aide les clients et leur famille à décider quel est le meilleur endroit où poursuivre les soins après l'hôpital : le domicile, l'établissement de soins prolongés, la maison de retraite ou un autre type d'hôpital.

Mary admet qu'elle « voit les clients à un moment très stressant. Les gens restent à l'hôpital moins longtemps et ne sont pas complètement rétablis lorsqu'on les renvoie chez eux. Notre défi est de veiller à ce que la ou les personnes qui prennent la relève, un autre établissement, la famille, le client lui-même, aient toute l'information nécessaire. Il y a énormément de pression pour que, d'un établissement à l'autre, les soins soient prodigués sans discontinuité. Or, c'est très difficile à réaliser. »

Selon Mary, son emploi est très créateur. « Ce qui convient à un client ne conviendra pas au suivant. Comme nous réagissons tous différemment, il importe que la solution choisie convienne parfaitement au client et à ses proches. C'est cet aspect qui rend mon travail fascinant, mais aussi très difficile et stressant. »

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Conseillère en allaitement

Brenda Scott, IA, s'occupe depuis toujours des bébés et de leur maman. En effet, depuis qu'elle a obtenu son diplôme en 1973, elle a travaillé en obstétrique, en gynécologie et dans les pouponnières. Depuis 1993, elle agit à titre de conseillère en allaitement à temps plein à l'hôpital d'Owen Sound.

Autoréglementation :

Brenda ne soigne pas que les mamans et les bébés. Elle s'occupe aussi de la famille. Et toutes ces personnes sont des clients, comme le précisent les Normes sur la relation thérapeutique de l'OIIO.

« Environ 800 bébés naissent ici chaque année, explique-t-elle, et 60 % des nouveaux parents suivent des cours prénataux. Je rencontre ces couples quelques mois avant l'accouchement et je les suis pendant l'année qui suit, afin de veiller à ce que tout se déroule comme prévu. Je les connais donc très bien. »

Selon Brenda, qui détient également un certificat en andragogie, il est essentiel d'enseigner les stades de développement parce que les bébés retournent plus tôt à la maison et qu'il y a un grand nombre de mères célibataires sans soutiens familiaux.

« Je reste donc en contact avec mes clients, ce qui est assez facile à faire dans une ville comme la nôtre. J'aide aussi les mères à rester en contact les unes avec les autres. Environ 85 % des nouvelles mamans allaitent leur enfant; les liens communautaires sont donc importants. »

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Soigner des prisonniers

Depuis 14 ans, Debbie Hicks, IA, arpente les couloirs de béton de la prison à sécurité maximale d'Owen Sound, toujours accompagnée par un gardien. Deux fois par jour, elle distribue des médicaments à la quarantaine de prisonniers, soigne des coupures et des contusions (souvent sérieuses après une bagarre), puis retourne dans son minuscule bureau au deuxième étage afin d'étudier le dossier de nouveaux prisonniers ou, dans le cas des prisonniers qui seront libérés, de rédiger des notes à l'intention de leur médecin de famille.

Autoréglementation :

Comme elle travaille seule, Debbie ne peut profiter de l'échange de commentaires entre collègues, une caractéristique des milieux de travail fort utile pour pouvoir maintenir sa compétence. Le volet Exercice réfléchi du Programme d'assurance de la qualité lui sera donc d'un grand secours.

« Exercer en milieu carcéral, c'est un métier qu'on adore ou qu'on déteste. De toute évidence, j'adore cela, affirme-t-elle. J'ai travaillé plusieurs années en soins prolongés, puis dans un hôpital. Mais, je trouve que ce milieu-ci est plus intéressant. L'autonomie et la diversité m'attirent. Et pas beaucoup d'hommes [en général, 90 % des prisonniers sont de sexe masculin] ont été violents à mon endroit, même s'ils l'étaient sans doute hors de prison. »

Le langage grossier des prisonniers et le régime très strict qui règle la vie en prison risquent de rebuter certaines infirmières. Debbie doit signer le registre de sortie à chaque tournée, utiliser des clés partout où elle va et même s'enfermer dans son bureau lorsqu'elle y travaille.

En général, Debbie travaille cinq jours par semaine, de 9 heures à 17 heures. Mais, on l'appelle parfois en cas d'urgence ou pour examiner un nouveau prisonnier et consigner ses antécédents médicaux.

Une fois par semaine, un médecin fait des consultations pendant deux ou trois heures. Debbie l'aide à effectuer les examens, à préparer les ordonnances ou à donner des traitements très simples. Pour les interventions plus complexes et les traitements dentaires, les prisonniers se font soigner à l'extérieur de la prison. Ils sont alors constamment surveillés par un gardien (qui est également présent lorsque Debbie reçoit un prisonnier dans son bureau).

« Lorsque j'ai commencé à travailler ici, il n'existait pratiquement aucun programme de formation à l'intention des infirmières en milieu carcéral, explique Debbie. Aujourd'hui, il y a une association, des séminaires et des conférences. C'est un domaine très particulier des soins infirmiers et je suis très contente d'y être. »

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Pour un milieu de travail en santé

En Ontario, la plupart des localités ontariennes, quelle que soit leur taille, comptent une industrie quelconque. Et si la société emploie plus de 250 employés, il est fort probable qu'on y retrouvera une infirmière en santé du travail.

Owen Sound compte un certain nombre de manufactures reconnues. L'imprimerie Trans-Continental, avec plus de 600 employés, est l'une des plus grandes imprimeries au Canada; quant à la compagnie Edwards (900 employés, dont la moitié à Owen Sound), c'est le plus important fabricant d'avertisseurs d'incendie et d'autres dispositifs de sécurité.

Autoréglementation :

Dans les grandes industries, on retrouve souvent une grand diversité culturelle au sein du personnel. Betty et Joanne trouveront très utile la publication de l'Ordre parue en 1999 et intitulée Guide sur la prestation des soins adaptés à la culture.

Joanne Barber, IAA, occupe depuis 26 ans le poste d'infirmière en santé au travail à la compagnie Edwards. À l'imprimerie Trans-Continental, c'est Betty Hendriks, IA, qui occupe ce poste depuis trois ans, après avoir exercé dans d'autres secteurs.

« Sur le plan médical, mes tâches sont de donner les premiers soins et les médicaments en vente libre, d'effectuer une évaluation initiale et, si nécessaire, de faire transférer la personne à l'hôpital, explique Joanne. Les maux les plus courants sont les lacérations, les tours de reins et, de plus en plus, les blessures causées par des efforts répétitifs à l'ordinateur. Ma tâche principale consiste, toutefois, à prévenir les blessures et à minimiser les risques pour la santé, en veillant à ce que les employés sachent comment rester en santé et travailler de façon sécuritaire. »

Betty est d'accord. L'imprimerie Trans-Continental a installé un gymnase à l'intention de ses employés et Betty doit, entre autres tâches, enseigner à ces derniers comment utiliser les appareils sans se blesser. Dans une imprimerie, il faut aussi prendre des mesures antibruit et savoir comment manipuler les produits chimiques.

« Malgré sa taille, il règne une ambiance familiale à l'imprimerie, affirme Betty. Dans ce genre d'environnement, il serait très facile d'être imprudent; mon rôle est d'empêcher que cela ne se produise en rappelant aux employés les dangers qu'ils courent. »

L'infirmière en santé du travail aide aussi à remplir les formulaires d'indemnisation pour accidents du travail ou à évaluer si un employé est apte à reprendre le travail.

« Je cherche surtout, explique Joanne, à faire comprendre aux gens qu'ils peuvent en parler s'ils jugent que leur emploi menace leur santé. Mais, au fond, je crois que les gens veulent être en santé, ce qui est un excellent point de départ. »

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Tout yeux, tout oreilles

En Ontario, bien des médecins de famille n'embauchent pas d'infirmières. Près de 75 % n'en auraient pas, estime-t-on.

Mais, à la clinique où travaille Darlene Turner, IA, au centre-ville d'Owen Sound, chacun des quatre médecins de famille a sa propre infirmière. Et Darlene travaille à cette clinique depuis 14 ans.

Autoréglementation :

Darlene s'inspire des Normes sur les soins infirmiers téléphoniques (1999) lorsqu'elle donne des conseils au téléphone.

Dernièrement, elle a fait un ménage monstre dans les dossiers de son employeur et a reconnu les 1 700 patients que ce médecin voit, sauf cinq. « Le médecin peut tirer parti de ma formation et de mon expérience, dit-elle. Et même si je ne passe pas autant de temps avec chaque client que je le voudrais, surtout lorsque je fais de la prévention ou un suivi post-cure, je finis tout de même par les connaître assez bien. Et le médecin et moi nous formons une véritable équipe et discutons souvent des cas difficiles.

« Auparavant, j'ai travaillé dans un hôpital, une maison de soins infirmiers et comme infirmière particulière, confie Darlene. Je n'aimais ni le travail par quarts ni la brièveté des relations avec les clients. Ici, j'ai l'occasion de les voir grandir, de vraiment comprendre leurs besoins. Et comme les clients me connaissent bien, ils peuvent, parfois, me faire des confidences. L'an dernier, par exemple, après qu'une femme battue m'ait raconté sa situation, je l'ai adressée à un refuge. Je ne sais pas ce qui lui serait arrivé si je n'avais pas été là. »

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Impressions sur la profession infirmière

La majorité des résidents d'Owen Sound ont été étonnés d'apprendre que plus de 900 infirmières travaillaient dans leur ville et y habitaient. Nous leur avons demandé ce qu'ils pensaient et attendaient des infirmières et ce qu'ils savaient sur la réglementation de cette profession. Voici quelques-unes des réponses obtenues :

« Je sais qu'elles sont très instruites. Mais, ce n'est pas tout, je crois. Elles doivent aussi être chaleureuses et bienveillantes. Pour une raison quelconque, on en attend plus des infirmières que des autres professionnels de la santé. »

« Les infirmières semblent débordées, de nos jours. Elles ne sont pas assez nombreuses pour faire tout ce qu'on attend d'elles. »

« Je sais que les infirmières sont réglementées, mais je ne sais pas par qui. Et je me demande si ceux qui réglementent se déplacent vraiment pour voir dans quelles conditions les infirmières travaillent. »

« Je crois qu'on s'attend à ce que les infirmières nous soignent. Pas seulement nos plaies et nos maladies, mais qu'elles soignent tout notre être. Les médecins nous traitent, mais on s'attend à ce que les infirmières nous redonnent la santé. »

« On entend les gens se plaindre des médecins et, parfois, des dentistes. Mais, je ne crois pas avoir entendu quelqu'un se plaindre des infirmières. »

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Le saviez-vous ?

  • Il y a environ 140 000 infirmières en Ontario.
  • La profession infirmière, à l'instar de 20 autres professions de la santé, est tenue, par la Loi, de se réglementer elle-même afin de protéger l'intérêt public.
  • Les infirmières doivent se conformer à des normes précises sur, entre autres, leur conduite, leurs relations avec les clients et les enjeux déontologiques.
  • L'Ordre a mis sur pied un processus qui permet au public de déposer une plainte contre une infirmière. L'Ordre effectuera ensuite une enquête sur ces allégations.

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Qu'est-ce que l'autoréglementation ?

Malgré les différences entre leurs rôles, les infirmières d'Owen Sound ont quand même trois caractéristiques communes : leur professionnalisme, leur adhésion à l'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario (OIIO) et leur obligation de respecter les normes d'exercice élaborées par l'Ordre.

L'OIIO est l'organisme qui réglemente la profession infirmière en Ontario. Seules les personnes qui détiennent un certificat d'inscription valide de l'OIIO peuvent exercer la profession en Ontario et utiliser les titres « infirmière » ou « infirmier », « infirmière autorisée » ou « infirmier autorisé » et « infirmière auxiliaire autorisée » ou « infirmier auxiliaire autorisé ». Les autres professions de la santé sont régies par un organisme similaire.

L'Ordre compte environ 140 000 membres, dont près de 106 000 IA (catégorie générale) et plus de 33 000 IAA.

Aux termes de la Loi de 1993 sur les professions de la santé réglementées, tous les ordres réglementant ces professions en Ontario doivent :

  • établir les critères d'admission à la profession (études, compétences de base);
  • élaborer les normes d'exercice auxquelles doivent se conformer tous leurs membres;
  • administrer un programme d'assurance de la qualité auxquels les membres doivent participer afin de maintenir leur compétence; et
  • instituer un processus de plaintes et d'enquêtes à l'intention des personnes qui jugent qu'il y a eu dérogation aux normes.

L'OIIO est gouverné par un Conseil qui compte 39 membres, dont 21 infirmières et infirmiers élus par leur collègues partout dans la province (14 IA et 7 IAA) et 18 membres de la population nommés par le gouvernement provincial.

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L'autoréglementation

La mission de l'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario est de protéger le droit du public à des services infirmiers de qualité en guidant l'autoréglementation de la profession infirmière. Qu'est-ce que cela veut dire ?

Cela signifie que les normes d'exercice rigoureuses sont élaborées par des infirmières. Que la quasi-totalité du budget de l'Ordre provient des droits d'inscription versés par les infirmières. Que son Conseil et son personnel se composent surtout d'infirmières.

Mais « s'autoréglementer » signifie aussi que tous nos membres doivent exercer conformément aux normes d'exercice de la profession et se perfectionner tout au long de leur carrière.

L'Ordre guide la profession en élaborant les normes d'exercice que doivent respecter toutes les infirmières. Il aide aussi ses membres à maintenir leur compétence de façon continue par le biais du Programme d'assurance de la qualité (PAQ).

Un des volets du PAQ est l'exercice réfléchi. Grâce à l'appui de leurs collègues, de leur employeur et du processus d'autoévaluation, les infirmières et les infirmiers recensent leurs points forts et dressent un plan d'apprentissage visant à combler leurs lacunes. Aux termes de la Loi, tous les membres de la profession qui exercent en Ontario sont tenus de participer à l'exercice réfléchi.

Un autre volet du PAQ met l'accent sur les milieux de travail. Il s'agit du Programme de consultation auprès des employeurs® (PCAE®), une initiative novatrice à laquelle participent volontairement les employeurs et les infirmières. Le but de ce programme est de cerner les caractéristiques du milieu de travail qui pourraient être améliorées afin de favoriser davantage la qualité des soins prodigués.

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Si la conduite d'une infirmière vous inquiète...

Il arrive, de temps en temps, que la conduite ou la compétence d'une infirmière suscite des inquiétudes. Un des principaux rôles de l'OIIO est d'enquêter sur toutes les plaintes, orales ou écrites, déposées contre ses membres par des clients, des employeurs, des collègues infirmières ou des membres du public. Ce qui suit s'inspire d'une enquête menée récemment.

M. A souffrait d'une maladie apparentée à la maladie d'Alzheimer. Comme ses problèmes de comportement s'aggravaient, sa famille n'a pu continuer de le soigner à la maison. Il fut placé dans une maison de soins infirmiers, mais après une série de crises d'agressivité, il fut transféré dans un hôpital psychiatrique. Environ 10 mois plus tard, on le transféra dans un hôpital de soins actifs afin de soigner une grosse escarre de décubitus qui s'était formée durant son séjour à l'hôpital psychiatrique. M. A est décédé quelques jours plus tard.

Sa fille, Mme A, a signalé quelques problèmes reliés à la prestation des soins infirmiers à l'hôpital psychiatrique, notamment :

  • comment établir une bonne communication entre l'équipe soignante et la famille;
  • comment obtenir le consentement aux soins de santé et reconnaître que le client est incapable de le donner;
  • comment intervenir en faveur du client.

Mme A voulait faire changer les choses à l'hôpital et jugeait que le Programme de résolution collective (PRC) de l'Ordre serait un excellent moyen d'y parvenir et, du même coup, d'améliorer la prestation des soins.

Le PRC incite les parties impliquées - le client et/ou sa famille, l'infirmière ou l'infirmier, l'Ordre et, parfois, l'établissement - à résoudre ensemble les problèmes soulevés.

Dans le cas présent, une conseillère en exercice de la profession de l'OIIO a étudié la plainte et le dossier médical, puis a cerné des possibilités d'apprentissage pour le personnel infirmier de l'hôpital. On a ensuite organisé un atelier explorant les sujets suivants : la communication, le rôle de défenseur des infirmières; et la Loi sur le consentement aux soins de santé. Les infirmières ont participé activement à résoudre certains des problèmes signalés par la plaignante.

Mme A était enchantée du résultat, puisqu'on a tenu compte de toutes ses inquiétudes, mais elle était un peu triste qu'il soit trop tard pour son père. Sa consolation : d'autres familles bénéficieront de son initiative.

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Réflexions : Le témoignage d'un client

Murray Cleland, 85 ans, de Flesherton (Ontario), à environ 20 milles au sud-est d'Owen Sound, a toujours été en bonne santé, sauf lorsqu'il a subi une appendicectomie il y a une trentaine d'années.

Natif de Meaford, où il a grandi, M. Cleland a hérité de la fabrique de brouettes qu'avait fondée son grand-père. Il l'a vendue au milieu des années 50 et a acheté la ferme d'agrément près de Flesherton où il habite encore aujourd'hui.

À peine six semaines avant notre entretien avec M. Cleland, il est tombé et s'est cassé la hanche. Sa mésaventure l'a mis en relation avec bien des infirmières.

« C'était un accident bête, nous confie-t-il. J'avais déposé une pointe de tarte sur une pile de papiers. Lorsque je me suis aperçu qu'elle allait tomber, je me suis étiré pour la rattraper et suis tombé par terre. Il m'a fallu 12 heures, et quelques évanouissements, pour ramper jusqu'au téléphone et appeler une ambulance. »

On l'a transporté d'urgence à l'hôpital Markdale afin de prendre des rayons X, puis on l'a transféré à Owen Sound. La chance lui a souri, puisqu'on l'a opéré immédiatement. M. Cleland a passé une semaine au service de chirurgie, mais comme il a développé une pneumonie, on l'a transféré au service de soins médicaux. Une semaine plus tard, on l'a transféré au centre de réadaptation, où il a fait de grands progrès.

Finalement, M. Cleland a été placé à la maison de retraite Central Place, où il restera probablement jusqu'au printemps. C'est là que nous lui avons demandé ses commentaires sur les infirmières qui l'avait soigné, sur ses attentes et sur ce qu'il avait découvert.

« Un jour, l'infirmière qui était venue me tourner dans mon lit a découvert que j'avais une escarre sur le talon. Elle m'a dit qu'elle s'en occuperait immédiatement. Elle a pansé ma plaie avec tellement de soin et de douceur... Je ne m'attendais pas à autant de compétence pour quelque chose d'aussi simple. Ça m'a impressionné. »

« J'ai dû rencontrer 50 infirmières au cours des dernières semaines. Elles étaient toutes très gentilles et très professionnelles. »

« Pendant un certain temps, j'ai utilisé une "chaise percée", mais, un jour, l'infirmière a insisté pour que j'aille à la toilette. Ce que les infirmières nous demandent de faire n'est pas toujours facile, mais elle savent que c'est bon pour nous. »

« On s'attend à ce que les infirmières soient gentilles, mais on dépend d'elles surtout. Elles doivent nous mettre en confiance. »

« Je crois que le système dont sont issus ces infirmières, que les personnes qui leur ont enseigné ce qu'elles doivent savoir et comment faire ce qu'elles font, je crois que c'est un bon système. »

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L'infirmière et le client : À quoi vous attendre ?

Quelle relation l'infirmière devrait-elle tisser avec un client ? À quoi le client a-t-il le droit de s'attendre de la part de l'infirmière ? À quoi n'a-t-il pas le droit de s'attendre ? Nous utilisons le mot « client » plutôt que « patient » afin de démontrer que la personne qui reçoit les soins est, en fait, un consommateur et que ses droits doivent toujours être respectés.

Par exemple, le client n'est pas toujours malade ou blessé. Il peut s'agir de la famille d'un patient ou, dans le cas d'une infirmière en santé publique, d'une école ou d'une collectivité. Les clients de Sandy Brewer, une infirmière enseignante, sont des étudiants. Quant à l'infirmière gestionnaire, ses clients sont d'autres infirmières.

Peu importe qui sont les clients, les principes qui guident leur relation avec le personnel infirmier sont toujours les mêmes. Ces principes sont expliqués dans les Normes sur la relation thérapeutique, un document que doivent connaître toutes les infirmières ontariennes et s'y conformer. En voici quelques extraits.

Éléments de la relation thérapeutique

L'infirmière a plus de pouvoir que le client en raison de l'autorité que lui confère sa position au sein du réseau de santé, de ses connaissances spécialisées, de son influence sur les autres prestataires de soins ou la famille du client et de son accès à des renseignements privilégiés. Aussi doit-elle utiliser à bon escient le pouvoir qu'elle détient et en faisant preuve de compassion afin de ne pas exploiter la position vulnérable dans laquelle se trouve le client.

Le client s'attend à ce que l'infirmière possède les connaissances et les compétences requises et fasse preuve de compassion. Il se fie à elle pour être soigné. Si cette marque de confiance est rompue, elle sera très difficile à regagner.

Le respect de la dignité et de la valeur du client est un élément fondamental de la relation thérapeutique. L'infirmière doit donc connaître et comprendre la culture et les autres facettes propres aux clients et en tenir compte lorsqu'elle leur prodigue des services.

Les diverses tâches qu'accomplit l'infirmière auprès du client et qui rapprochent les deux personnes créent une intimité entre elles, qui prend diverses formes. L'infirmière doit veiller à ce que l'intimité ne mette pas en péril la nature thérapeutique de la relation.

Indices de transgression

Il existe un grand nombre d'indices de transgression des limites de la relation thérapeutique. En voici quelques exemples : traiter un client différemment des autres; lui consacrer plus de temps; soigner davantage sa tenue vestimentaire pour un client; passer ses heures libres avec un client ou ne pas partager certains renseignements concernant un client avec les autres membres de l'équipe soignante.

Maltraiter les clients

Il est interdit de maltraiter les clients. Cela détruit la confiance et le respect qui caractérisent la relation thérapeutique. Les règlements afférents à la Loi de 1991 sur les infirmières et infirmiers stipulent qu'il est interdit d'infliger des mauvais traitements verbaux, physiques, affectifs et sexuels. On y traite aussi de la négligence et de l'exploitation financière. Conformément à sa mission - protéger le public - l'OIIO s'occupe activement à prévenir tout mauvais traitement infligé aux clients par des infirmières ou d'autres prestataires de soins.

À cette fin, il a élaboré le programme Un, c'est un de trop visant à sensibiliser les infirmières ontariennes au comportement abusif. Le programme aide les infirmières à reconnaître les indices de transgression des limites de la relation thérapeutique et explique l'obligation de dénoncer la violence pour y mettre fin.

Si vous avez des questions ou des inquiétudes relativement à la conduite d'une infirmière, veuillez vous adresser à l'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario.

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