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Les soins infirmiers et vous

Volume 3, numéro 1

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Qu'est-ce que l'autoréglementation? : L'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario

Malgré les différences entre leurs rôles, les infirmières d'Owen Sound ont quand même trois caractéristiques communes : leur professionnalisme, leur adhésion à l'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario (OIIO) et leur obligation de respecter les normes d'exercice élaborées par l'Ordre.

L'OIIO est l'organisme qui réglemente la profession infirmière en Ontario. Seules les personnes qui détiennent un certificat d'inscription valide de l'OIIO peuvent exercer la profession en Ontario et utiliser les titres « infirmière » ou « infirmier », « infirmière autorisée » ou « infirmier autorisé » et « infirmière auxiliaire autorisée » ou « infirmier auxiliaire autorisé ». Les autres professions de la santé sont régies par un organisme similaire.

L'Ordre compte environ 140000 membres, don't près de 101000 IA (catégorie générale) et plus de 33000 IAA.

Aux termes de la Loi sur les professions de la santé réglementées, tous les ordres réglementant ces professions en Ontario doivent :

  • établir les critères d'admission à la profession (études, compétences de base);
  • élaborer les normes d'exercice auxquelles doivent se conformer tous leurs membres;
  • administrer un programme d'assurance de la qualité auxquels les membres doivent participer afin de maintenir leurs compétence; et
  • instituer un processus de plaintes et d'enquêtes à l'intention des personnes qui jugent qu'il y a eu dérogation aux normes.

L'OIIO est gouverné par un Conseil qui compte 39 membres, don't 21 infirmières et infirmiers élus par leur collègues partout dans la province (14 IA et 7 IAA) et 18 membres de la population nommés par le gouvernement provincial.

L'autoréglementation

La mission de l'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario est de protéger le droit du public à des services infirmiers de qualité en guidant l'autoréglementation de la profession infirmière. Qu'est-ce que cela veut dire ?

Cela signifie que les normes d'exercice rigoureuses sont élaborées par des infirmières. Que la quasi-totalité du budget de l'Ordre provient des droits d'inscription versés par les infirmières. Que son Conseil et son personnel se composent surtout d'infirmières.

Mais « s'autoréglementer » signifie aussi que tous nos membres doivent exercer conformément aux normes d'exercice de la profession et se perfectionner tout au long de leur carrière.

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Qu'est-ce que la profession infirmière ?

Le but de la profession infirmière est de rétablir, de préserver et d'améliorer la santé du patient. C'est une «science» autant qu'un «art». Une science parce que l'infirmière doit appliquer ses connaissances professionnelles et techniques; un art parce qu'elle doit établir une relation thérapeutique fondée sur la bienveillance et la compassion, relation qui lui permettra d'appliquer ses connaissances et son jugement. Ainsi, l'infirmière se préoccupe de la personne, pas seulement de sa maladie.

Les infirmières peuvent jouer des rôles divers (prestataire de soins, administratrice, enseignante, chercheuse) dans toutes sortes de milieux, don't les hôpitaux, les établissements de soins prolongés, le domicile du patient, des cliniques, des entreprises ou des salles de classe. Elles soignent des patients de tous âges don't l'état de santé peut être excellent ou menacé.

En Ontario, la profession infirmière comprend deux groupes de prestataires : les infirmières autorisées (IA) et les infirmières auxiliaires autorisées (IAA). Les membres des deux groupes sont soumis aux mêmes exigences légales, aux mêmes normes d'exercice et aux mêmes processus de plaintes, de discipline et d'inscription. Cela dit, même si les IA et les IAA étudient la même science, les programmes d'études pour IA sont plus longs et plus approfondis. Aussi leur champ d'exercice est-il plus vaste.

Infirmières praticiennes

Certaines IA ont reçu une formation poussée en soins primaires (ce qui désigne le contact initial du client avec le réseau de santé, qu'il s'agisse de promotion de la santé, de prévention, d'un diagnostic ou de traitements) et peuvent effectuer certains traitements et poser des diagnostics qui, auparavant, étaient réservés aux médecins. En 1998, l'OIIO a créé une nouvelle catégorie - la catégorie spécialisée - à laquelle sont déjà inscrites nombre d'infirmières. L'Ordre reconnaît ainsi les connaissances poussées et les aptitudes à la prise de décisions que possèdent ces IA.

Le champ de compétence des IA (cat. spéc.) est élargi en ce qui concerne l'évaluation, le diagnostic, l'ordonnance de tests et de traitements et la promotion de la santé. C'est pourquoi ces personnes exercent souvent dans des milieux tels que les centres de santé communautaire et les postes d'infirmières en région isolée. Mais, une tendance se dessine : la croissance accrue d'IA (cat. spéc.) dans d'autres milieux où les clients ont besoin de soins primaires, don't les hôpitaux et les établissements de soins prolongés.

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Les soins infirmiers dans une collectivité multiculturelle

Pour pouvoir soigner quelqu'un, je dois me connaître.
Pour pouvoir soigner quelqu'un, je dois connaître l'Autre.
Pour pouvoir soigner quelqu'un, je dois jeter un pont entre nous.

La population ontarienne est parmi les plus diverses au monde. Aussi les infirmières doivent-elles consacrer le temps et l'effort nécessaires pour comprendre leur propre culture et celle de leurs patients. Ceci leur permettra alors d'assurer les meilleurs résultats.

Afin d'aider les infirmières à prodiguer des soins appropriés aux membres de ces différentes communautés culturelles, l'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario a publié récemment le Guide sur les soins adaptés à la culture, document qui explique les principes de base des soins adaptés à la culture et propose des moyens de les appliquer. Un certain nombre de mises en scène, don't les suivantes, servent à illustrer les principes.

Un patient autochtone demande la cérémonie des herbes sacrées, où l'on fait brûler dans un petit bol du foin d'odeur, de la sauge, du cèdre et du tabac. La fumée qui s'en dégage est un élément essentiel de cette cérémonie de purification spirituelle. Comment éviter d'incommoder les autres patients ? Comment éviter de déclencher les détecteurs de fumée de l'hôpital ? La solution : tenir la cérémonie dans une pièce bien aérée et demander à un membre du personnel d'entretien de désactiver les détecteurs peu avant le début de la cérémonie et de les réactiver après que la fumée se sera dissipée.

Un enfant se présente à une clinique souffrant d'une otite. Comme l'infirmière estime que les parents maîtrisent suffisamment bien l'anglais, elle ne fait pas appel à un interprète. Elle recommande des gouttes de Tylenol contre la fièvre et la douleur et un antibiotique par voie orale. Quelques jours plus tard, elle découvre que les parents, se fiant à leur expérience antérieure, avaient administré les gouttes par voie auriculaire. Cet exemple fait ressortir la nécessité de s'assurer que le client a bien compris les consignes, voire de faire une démonstration, le cas échéant.

Un client de religion hindoue souffre d'insuffisance rénale chronique. Il décide subitement de devenir végétarien, afin que Dieu lui vienne en aide durant cette rude épreuve. Or, son traitement exige un régime alimentaire à forte teneur en protéines. L'infirmière doit chercher à comprendre les raisons qui motivent la décision du client et collaborer avec une diététiste afin de trouver un moyen de respecter les croyances du client tout en s'assurant qu'il consomme suffisamment de protéines.

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L'infirmière et le client : À quoi vous attendre ?

Quelle relation l'infirmière devrait-elle tisser avec un client ? À quoi le client a-t-il le droit de s'attendre de la part de l'infirmière ? À quoi n'a-t-il pas le droit de s'attendre ? Nous utilisons le mot « client » plutôt que « patient » afin de démontrer, d'une part, que la personne qui reçoit les soins est un consommateur et, d'autre part, que bien des infirmières, don't les chercheuses et les enseignantes, ne travaillent pas en milieu cliniques.

Par exemple, le client n'est pas toujours malade ou blessé. Il peut s'agir de la famille d'un patient ou, dans le cas d'une infirmière en santé publique, d'une école ou d'une collectivité. Les clients de l'infirmière enseignante sont des étudiants. Quant à l'infirmière gestionnaire, ses clients sont d'autres infirmières.

Peu importe qui sont les clients, les principes qui guident leur relation avec le personnel infirmier sont toujours les mêmes. Ces principes sont expliqués dans les Normes sur la relation thérapeutique, un document que doivent connaître toutes les infirmières ontariennes et s'y conformer. En voici quelques extraits.

Éléments de la relation thérapeutique

L'infirmière a plus de pouvoir que le client en raison de l'autorité que lui confère sa position au sein du réseau de santé, de ses connaissances spécialisées, de son influence sur les autres prestataires de soins ou la famille du client et de son accès à des renseignements privilégiés. Aussi doit-elle utiliser à bon escient le pouvoir qu'elle détient et en faisant preuve de compassion afin de ne pas exploiter la position vulnérable dans laquelle se trouve le client.

Le client s'attend à ce que l'infirmière possède les connaissances et les compétences requises et fasse preuve de compassion. Il se fie à elle pour être soigné. Si cette marque de confiance est rompue, elle sera très difficile à regagner.

Le respect de la dignité et de la valeur du client est un élément fondamental de la relation thérapeutique. L'infirmière doit donc connaître et comprendre la culture et les autres facettes propres aux clients et en tenir compte lorsqu'elle leur prodigue des services.

Les diverses tâches qu'accomplit l'infirmière auprès du client et qui rapprochent les deux personnes créent une intimité entre elles, qui prend diverses formes. L'infirmière doit veiller à ce que l'intimité ne mette pas en péril la nature thérapeutique de la relation.

Maltraiter les clients

Il est interdit de maltraiter les clients. Cela détruit la confiance et le respect qui caractérisent la relation thérapeutique. Les règlements afférents à la Loi de 1991 sur les infirmières et infirmiers stipulent qu'il est interdit d'infliger des mauvais traitements verbaux, physiques, affectifs et sexuels. On y traite aussi de la négligence et de l'exploitation financière. Conformément à sa mission - protéger le public - l'OIIO s'occupe activement à prévenir tout mauvais traitement infligé aux clients par des infirmières ou d'autres prestataires de soins.

À cette fin, il a élaboré le programme Un, c'est un de trop visant à sensibiliser les infirmières ontariennes au comportement abusif. Le programme aide les infirmières à reconnaître les indices de transgression des limites de la relation thérapeutique et explique l'obligation de dénoncer la violence pour y mettre fin.

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Les normes d'exercice assurent la qualité des soins

La profession infirmière prend de nombreuses mesures, par le biais de l'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario (OIIO) pour s'autoréglementer afin de protéger le public. L'une des principales tâches de l'OIIO est d'établir des lignes directrices, ou normes, afin d'assurer que les infirmières exercent leur profession d'une manière efficace et conformément aux normes de sécurité et de déontologie. Il définit également les compétences de base que doivent posséder les infirmières en début de carrière.

Les normes d'exercice se répartissent en deux catégories. D'abord, les lois et règlements qui s'appliquent directement à la profession infirmière. En voici un exemple : la Loi sur les infirmières et infirmiers, qui énonce les actes autorisés aux membres de la profession infirmière, don't injecter des médicaments ou introduire un instrument dans l'oreille ou la gorge. Ces actes, s'ils étaient accomplis par une personne non qualifiée, pourraient nuire au client. Les règlements traitent de diverses questions, don't les critères d'admission à la profession, les obligations des membres en matière d'assurance de la qualité et l'inconduite professionnelle.

En outre, un grand nombre de documents, que l'on appelle normes professionnelles et lignes directrices, énoncent également les normes d'exercice de la profession infirmière. Certaines sont de portée générale et s'appliquent à toutes les infirmières : le code de déontologie, l'obligation de poursuivre son apprentissage et la relation thérapeutique, par exemple. D'autres portent sur certains aspects précis des soins infirmiers : le soin des pieds, le transport des clients et les conseils téléphoniques, par exemple.

Les normes d'exercice évoluent constamment en fonction des changements qui surviennent sans cesse dans le secteur de la santé. Le personnel de l'OIIO, ainsi que les infirmières et leurs employeurs, surveillent les normes afin de s'assurer qu'elles reflètent fidèlement les milieux de travail et protègent adéquatement le public.

Car toutes les activités de l'OIIO visent le même objectif : protéger le public en veillant à ce que chaque fois qu'un client se fait traiter par une infirmière, il reçoive les meilleurs soins possible.

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Si la conduite d'une infirmière vous inquiète

L'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario (OIIO) a pour mission de « protéger le droit de la population à des soins infirmiers de qualité en guidant l'autoréglementation de la profession infirmière ». Pour ce faire, il établit les critères d'admission à la profession, inscrit les infirmières et infirmiers et élabore et applique des normes de conduite et d'exercice.

Il arrive, de temps en temps, que la conduite ou la compétence d'un membre suscite des inquiétudes. Un des principaux rôles de l'OIIO est d'enquêter sur toutes les plaintes, orales ou écrites, déposées contre ses membres par des patients, des employeurs, des collègues infirmières ou des membres du public. Une enquêteuse recueille tous les documents pertinents et interroge les personnes au fait des incidents invoqués dans la plainte. À la lumière de ces renseignements, elle prépare un rapport qu'elle soumet au Comité des plaintes. Ce comité est formé d'IA, d'IAA et de membres du public. Après avoir étudié l'affaire, le Comité décide s'il convient de prendre d'autres mesures.

Le Comité peut recommander une audience disciplinaire, où le membre et la partie plaignante sont représentés par un avocat. Si le jury décide que la plainte est fondée, il peut recommander diverses mesures, depuis l'avertissement oral jusqu'à la révocation du certificat d'inscription.

Le Programme de résolution collective

Le Programme de résolution collective (PRC) de l'OIIO incite les parties impliquées - le patient, l'infirmière ou l'infirmier, l'Ordre et, parfois, l'établissement - à résoudre ensemble les problèmes soulevés. Grâce au PRC, chacune des parties peut proposer des options et des solutions plutôt que de s'en remettre au Comité des plaintes (un comité permanent du Conseil de l'OIIO). Les parties règlent la plainte ensemble et tiennent compte de leurs intérêts respectifs.

Il existe diverses solutions : des séances de consultation entre le membre et une conseillère en exercice de la profession de l'OIIO; des activités d'apprentissage pour l'infirmière ou l'infirmier; des modifications aux politiques de l'employeur; le partage de points de vue par le biais de rencontres en vis-à-vis; une lettre d'excuses rédigée par l'infirmière ou l'infirmier à l'attention de la partie plaignante; voire plusieurs de ces mesures.

Un cas typique

Madame M. était à l'hôpital et devait subir une opération à la hanche. Sa fille a déposé une plainte à l'Ordre contre une des infirmières qui s'occupait de sa mère. La plainte portait sur deux incidents : à une occasion, l'infirmière aurait parlé d'un ton brusque et menaçant à la patiente; à une autre occasion, l'infirmière aurait laissé entendre que la patiente était frappée d'incapacité mentale.

Une enquête a révélé que l'infirmière et ses collègues avaient mal compris et faussement interprété ce qu'on avait dit à la cliente au sujet de l'intervention qu'elle devait subir. Ainsi, l'infirmière avait présumé que madame M. savait certaines choses, alors qu'en fait elle ne les savait pas; ceci l'a rendue impatiente. On a décidé d'essayer de régler la plainte par le biais du PRC.

La fille de la cliente a déclaré qu'elle aimerait que l'infirmière s'excuse auprès de sa mère pour s'être mal conduite. Elle souhaitait également que l'infirmière suive des cours visant à améliorer ses aptitudes à la communication au sein d'une relation thérapeutique. Madame M. voulait que l'infirmière s'excuse d'avoir laissé entendre qu'elle était incapable. Elle voulait tourner la page et retrouver la confiance qu'elle avait perdue envers l'hôpital local.

L'infirmière a accepté de rencontre la mère et la fille, de s'excuser et de confirmer à la cliente qu'elle n'était pas confuse ou étourdie. Elle a également accepté de suivre un cours sur la communication au sein d'une relation thérapeutique à l'université de la région. Le Comité des plaintes estime que l'entente conclue entre les parties protégera efficacement l'intérêt public.

La rencontre a eu lieu à l'hôpital. La mère a accepté les excuses de l'infirmière et les parties se sont quittées en bons termes après s'être serré la main. On a envoyé aux trois parties une lettre et le résumé de la résolution du différend; la partie plaignante a retiré sa plainte.

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Enfreindre les limites de la relation thérapeutique

Indices de transgression des limites

Il existe un grand nombre d'indices de transgression des limites de la relation thérapeutique. L'infirmière peut, par exemple, consacrer plus de temps à un client qu'il n'est nécessaire, soigner davantage sa tenue vestimentaire pour ce client, passer ses heures libres avec ce client, ou ne pas partager certains renseignements concernant ce client avec les autres membres de l'équipe soignante.

Voici un cas fictif inspiré de cas véridiques traités par l'OIIO récemment.

Une infirmière s'occupait d'un enfant handicapé qui exigeait des soins infirmiers constants. Le garçon, âgé de 13 ans, se déplaçait en fauteuil roulant et vivait chez ses parents. Il fréquentait une école publique et un centre pour enfants handicapés. Il parlait et était alerte, bien que ses capacités de compréhension étaient inférieures à la normale pour son âge.

Le garçon apprit l'existence d'un camp de vacances pour enfants handicapés. Le camp offrait des activités éducatives et de loisir. Il pourrait y séjourner à plein temps et y recevoir des soins infirmiers complets. Sa travailleuse sociale l'encourageait à y aller, puisque cela augmenterait son autonomie et son estime de soi.

L'infirmière était très impliquée dans la vie de ce client; elle était sa principale prestataire de soins. Elle critiquait les autres infirmières qui le soignaient en son absence. Elle disait à l'enfant qu'il était son patient préféré et qu'ils avaient une « relation spéciale ». Elle lui offrait souvent des cadeaux et lui rendait visite à domicile hors de ses heures de travail. Les autres infirmières et la gestionnaire avaient constaté qu'elle était trop impliquée. Lorsqu'on lui en a fait le remarque, elle est s'est mise sur la défensive.

L'incident qui a porté son comportement à l'attention de l'Ordre était relié au camp de vacances. Si le garçon allait au camp, l'infirmière serait sans travail pendant les deux mois que durerait son séjour. Cela se répercuterait donc sur son revenu. Elle en fit la remarque à l'enfant et lui dit qu'il n'aimerait pas le camp, qu'il s'ennuierait de sa famille, qu'il n'était pas prêt à avoir autant d'autonomie et qu'elle voulait continuer de s'occuper de lui, non seulement parce qu'elle avait besoin de l'argent, mais aussi parce qu'il lui manquerait.

Le garçon annonça à ses parents qu'il ne voulait pas aller au camp. Après s'être fait prier, il a raconté sa conversation avec l'infirmière. Les parents ont rapporté l'incident à l'employeur de l'infirmière, qui a congédié cette dernière et déposé une plainte auprès de l'OIIO (la Loi oblige les employeurs à aviser l'Ordre de tout congédiement).

Après avoir effectué une enquête, l'OIIO a jugé que l'infirmière avait enfreint les limites de la relation thérapeutique. La relation thérapeutique que l'infirmière établit avec ses clients existe uniquement pour répondre aux besoins du client. Dans ce cas-ci, l'infirmière a fait passer ses besoins avant ceux de son client

On lui a remis une lettre d'avertissement et le Comité des plaintes de l'Ordre, auquel siègent des infirmières et des membres du public, lui a donné un avertissement verbal. Le Comité n'a pas ordonné la tenue d'une audience disciplinaire, car il estimait que comparaître devant le jury aurait été trop traumatisant pour le client. L'infirmière s'est aussi engagée, par écrit, à suivre un cours en déontologie. Le Comité estime que ces mesures permettront d'aider l'infirmière tout en protégeant l'intérêt public.

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Le processus d'évaluation de l'aptitude professionnelle

Il arrive, parfois, qu'on soupçonne la présence d'un trouble mental ou physique chez une infirmière qui entrave son aptitude à prodiguer des soins de qualité. C'est ce qu'on appelle « l'inaptitude à exercer ».

Troubles de l'élocution, mauvaises habitudes de travail, jugement altéré, sautes d'humeur importantes ou absentéisme accru : voilà des indices qu'un membre souffre d'alcoolisme ou de toxicomanie - la cause la plus répandue de l'incapacité à exercer de manière efficace. Si un employeur, une collègue ou un client observe l'un ou l'autre de ces comportements chez un membre, l'OIIO tentera d'élaborer, de concert avec l'infirmière concernée, un programme de traitement adéquat et de fixer les conditions qui lui permettront de continuer à exercer (restreindre l'accès à certains médicaments ou diminuer ses responsabilités, par exemple). L'Ordre surveillera les progrès de l'infirmière et veillera à ce qu'elle respecte les conditions.

Par contre, si l'infirmière refuse ou est incapable de collaborer avec l'Ordre, celui-ci pourrait tenir une audience à huis clos à laquelle les deux parties seraient représentées par des avocats. Il est possible que l'Ordre décide d'imposer certaines restrictions au certificat du membre ou de le suspendre. Toute mesure prise par l'Ordre est assortie de délais et d'objectifs précis pour traiter certains problèmes de santé.

Le processus d'évaluation de l'aptitude professionnelle vise, dans la mesure du possible, la réadaptation du membre. L'objectif ultime est que le membre retourne au travail en bonne santé. Cela dit, et comme pour toutes les autres initiatives de l'OIIO, la protection du public demeure toujours la principale priorité.

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L'intervention au nom des clients : un rôle important de l'infirmière

Le rôle de l'infirmière ne se résume pas à appliquer un pansement ou à distribuer des médicaments. Sa principale préoccupation est d'agir pour le bien de ses clients et de leurs familles. Ce qui implique, parfois, prendre la parole en leur nom.

Judy travaille comme IA à Interlink, un organisme sans but lucratif don't les employés effectuent des visites à domicile auprès de personnes souffrant d'un cancer et de leur famille. Judy vit à Sudbury, mais est responsible d'une territoire immense : 300 000 kilomètres carrés. Ça, c'est du dévouement !

« Je travaille en soins pédiatriques depuis le début de ma carrière, et en oncologie (soins aux patients atteints d'un cancer) depuis plusieurs années, affirme Judy. Interlink me donne la possibilité de travailler auprès de clients et de familles à l'extérieur de la clinique ou de l'hôpital. »

Judy doit souvent intervenir, auprès de ses collègues ou d'autres organismes, au nom de ses clients. En fait, dans le Cadre déontologique, l'OIIO établit que l'intervention au nom des clients est un élément central de l'exercice de la profession.

« Les personnes atteintes d'un cancer, et plus particulièrement les enfants et leurs familles, sont très vulnérables. Elles sont en état de choc et stressées, surtout après avoir appris le diagnostic. Je dois les guider durant les premières semaines, les inciter à obtenir toutes les réponses don't elles ont besoin. Elles doivent comprendre toutes les options qui s'offrent à elles en matière de soins. Je suis là pour veiller à ce que le réseau réponde à leurs besoins. »

Il existe, par exemple, un programme provincial de subventions pour les déplacements de familles vivant dans le Nord qui doivent se rendre dans des villes éloignées pour faire soigner un enfant. Peu après avoir accepté son poste actuel, Judy a constaté que les formalités administratives étaient trop compliquées pour ces familles, surtout pour celles qui doivent se déplacer souvent.« Ils ont d'autres problèmes plus importants à régler », dit-elle. Elle est intervenue au nom de ses clients, et on a simplifié le processus.

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Quelles connaissances les infirmières doivent-elles posséder?

Lorsqu'on demande aux gens quelles professions leur inspirent davantage de confiance et de respect, ils classent invariablement les infirmières parmi les premières. Or, si les infirmières peuvent s'enorgueillir de cette admiration, elles doivent également répondre aux attentes élevées qui en découlent. Comment les infirmières se sont-elles méritées cette excellente réputation et comment peuvent-elles la conserver ?

Un élément-clé est leur formation. Même si la profession infirmière risque d'attirer des personnes « bienveillantes », il ne faut pas présumer que l'étudiante en sciences infirmières possède les aptitudes qui lui permettront de démontrer son attitude « bienveillante » par la prestation de soins infirmiers de haute qualité.

Des connaissances scientifiques poussées - comment fonctionne le corps humain et comment le soigner lorsqu'il tombe en panne - constituent une partie importante des études de base de l'infirmière. Mais il y a d'autres éléments essentiels : comment appliquer ses connaissances professionnelles à diverses situations et dans différents milieux de travail; comment traiter efficacement et gentiment avec le public; comment se conduire d'une manière professionnelle et conforme aux normes déontologiques; et comment veiller au maintien de ses compétences professionnelles. Les exigences en matière de formation dans chacun de ces domaines sont énoncées dans les nouveaux critères d'admission à la profession que l'OIIO s'apprête à adopter et dans les normes d'exercice professionnel qui traitent de diverses activités allant des soins des pieds aux soins par téléphone.

Les enseignants en sciences infirmières s'inspirent de ces documents pour élaborer leurs programmes d'études. Par conséquent, les étudiantes apprennent non seulement à administrer des médicaments, mais aussi à décider s'il convient d'accepter un cadeau offert par un patient; pas seulement quoi faire en cas de crise cardiaque, mais aussi comment reconnaître la violence verbale à l'égard d'un client. Les diplômées des programmes d'études en sciences infirmières possèdent les aptitudes requises pour répondre aux besoins des clients en matière de soins d'une manière bienveillante et professionnelle.

En Ontario, les infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés (IAA) sont diplômés d'un collège communautaire, tandis que les infirmières et infirmiers autorisés (IA) effectuent leurs études à un collège communautaire, à l'université ou aux deux (à compter de janvier 2005, toutes les IA débutantes devront détenir un B. Sc. Inf.). Les IA qui détiennent un baccalauréat peuvent poursuivre leurs études afin d'obtenir une maîtrise ou même un doctorat. Toute infirmière peut poursuivre une formation spécialisée menant à l'obtention d'un certificat dans divers domaines, tels que les soins communautaires ou les soins intensifs. Bref, tous les membres de la profession étudient la même science, mais certains d'entre eux approfondissent plus longuement certains aspects de cette science et peuvent apporter ces connaissances à l'équipe soignante.

Les limites de ce que peut faire un membre de la profession varient selon sa formation et son expérience. Il incombe à chaque infirmière de connaître ses aptitudes et de demeurer compétente. Le respect don't jouit la profession infirmière auprès du public découle de la formation professionnelle de ses membres et de leur responsabilité individuelle pour chaque acte professionnel qu'ils accomplissent.

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Le secret professionnel

Le secret professionnel est l'un des aspects les plus importants, et compliqués, de la relation thérapeutique entre l'infirmière et son client. La Loi et les normes déontologiques de la profession obligent l'infirmière à respecter le caractère confidentiel des renseignements qu'elle obtient dans l'exercice de ses fonctions professionnelles.

Il arrive parfois qu'une tierce partie demande des renseignements au sujet de l'état de santé d'un client. Il arrive aussi que le fait de ne pas divulguer des renseignements puisse poser un risque à d'autres personnes. Signalons, par ailleurs, que les infirmières qui prodiguent des soins à domicile doivent veiller à protéger le caractère confidentiel des dossiers qu'elles laissent chez le client et des renseignements qu'elles transmettent par Internet.

Principes du secret professionnel

  • Il arrive souvent que l'infirmière doive partager des renseignements avec ses coéquipiers, qui, eux aussi, sont tenus d'en respecter le caractère confidentiel. L'infirmière doit alors expliquer au client qu'elle partagera des renseignements avec ses coéquipiers et nommer ces personnes.
  • Certaines lois obligent les infirmières à divulguer des renseignements confidentiels. Aux termes de la Loi sur les services à l'enfance et à la famille, par exemple, tout professionnel de la santé doit signaler les cas présumés de mauvais traitements infligés à un enfant. Une obligation semblable s'applique aux renseignements relatifs aux demandes d'indemnisation d'accident du travail, aux enquêtes menées par les ordres professionnels, aux enquêtes relatives aux droits de la personne et aux enquêtes du coroner.
  • L'infirmière doit respecter le caractère confidentiel des renseignements même lorsque sa relation professionnelle avec le client a pris fin.
  • Le client a droit aux renseignements relatifs à sa santé et a le droit de voir son dossier médical.

Renseignements

Pour tout renseignement sur l'autoréglementation de la profession infirmière en Ontario, y compris sur les moyens de signaler vos inquiétudes relativement à la conduite ou à l'exercice d'un membre, veuillez contacter :

L'Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario
101, chemin Davenport
Toronto (Ontario) M5R 3P1
cno@cnomail.org
Téléphone: 416-928-0900
Sans frais en Ontario : 1-800-387-5526
Télécopieur : 416-928-9841

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