Juin est le Mois national de l'histoire autochtone — un temps pour honorer les histoires, les cultures et les contributions des Premières Nations, des Métis et des Inuits partout au Canada.
C'est aussi l'occasion d'entendre des professionnelles et professionnels de la santé autochtones qui transforment les soins infirmiers de l'intérieur.
Nicole Blackman, infirmière autorisée (IA) et chef de la direction de l'exploitation, et Christi-Ann Poulette, IA et gestionnaire de la transformation du système de santé, toutes deux membres de l'Indigenous Primary Health Care Council (IPHCC), ont partagé ce que signifie exercer la profession infirmière tout en plaçant les savoirs et les valeurs autochtones au cœur de leur pratique.
Voir à travers les deux yeux
Les deux infirmières s'appuient sur le concept de la vision à deux yeux — présenté par l'Aîné Albert Marshall du Clan des orignaux de la Nation Mi'kmaw — qui consiste à réunir les savoirs autochtones et occidentaux côte à côte, plutôt que de considérer l'un comme secondaire à l'autre. Dans le domaine des soins de santé, cela peut signifier faire place à des cérémonies en parallèle de traitements médicaux, ou élaborer des plans de soins qui reconnaissent les liens culturels et communautaires des patients.
« J'ai toujours essayé de faire de la place pour que les deux perspectives soient présentes dans les soins de santé, a dit Poulette, …permettre aux familles de pratiquer des cérémonies, d'aborder les croyances traditionnelles qu'elles souhaitent intégrer à leurs soins, en plus du traitement médical occidental. »
Blackman a souligné que l'accès aux pratiques de guérison traditionnelles n'est pas uniforme d'une région à l'autre, et que les organisations dirigées par des Autochtones jouent un rôle essentiel pour combler cet écart. « Nous commençons à voir une intégration des pratiques de guérison traditionnelles dans les plans de soins des communautés autochtones », a-t-elle ajouté.
Une autre façon de concevoir la santé
Pour les deux infirmières, prodiguer de bons soins signifie traiter les personnes comme des êtres humains dans leur globalité — et non comme un ensemble de symptômes ou d'affections. « Cela se fait par des approches de soins culturellement ancrées, communautaires et holistiques, a dit Blackman. Cela va au-delà du modèle biomédical pour rétablir l'équilibre et favoriser le lien. »
Cela implique de reconnaître la résilience et les forces culturelles que les patients apportent avec eux. Cela signifie aussi comprendre que les inégalités en santé ont des causes profondes — et que les communautés ont le droit de faire partie des solutions.
Un message aux infirmières et infirmiers autochtones
Blackman et Poulette se sont adressées directement aux jeunes Autochtones qui envisagent une carrière dans les soins de santé. Leur message était clair : votre perspective a sa place dans cette profession, et elle est nécessaire.
« Les infirmières et infirmiers autochtones peuvent créer le changement et aider à transformer notre système de soins de santé en intégrant les pratiques traditionnelles et les valeurs culturelles dans les soins qu'ils prodiguent, a dit Poulette. Il y a tellement d'occasions d'apprendre et de diriger dans les soins de santé, et nos jeunes Autochtones qui nous suivent peuvent apporter de si bonnes idées nouvelles pour créer un changement positif et vraiment influencer les soins de santé d'eux-mêmes et de leur communauté. »
Blackman a parlé de la portée de ce leadership, au-delà des soins directs : « Les infirmières et infirmiers autochtones sont à l'avant-garde du changement transformateur. Ils ne se contentent pas de prodiguer des soins ; ils dirigent des politiques, l'éducation, la gouvernance et la revitalisation culturelle. »
Elle a terminé avec un message destiné aux infirmières et infirmiers autochtones :
« Vous avez votre place ici. Votre voix, vos connaissances, vos expériences, votre culture ne sont pas seulement précieuses dans les soins de santé — elles sont nécessaires. Lorsque vous choisissez un chemin dans le domaine de la santé, vous ne choisissez pas seulement une profession, vous devenez une guérisseuse ou un guérisseur, une défenseuse ou un défenseur des droits, et un pont entre deux mondes. »
Regardez la conversation complète avec Nicole Blackman et Christi-Ann Poulette.