« Au début, j’avais peur », a-t-il confié. « Mais, grâce à mon précepteur/ma préceptrice et à mes dirigeants à St. Joseph’s, je me suis senti entièrement pris en charge. Chaque fois que j’avais une question, ils y répondaient jusqu’à ce que je prenne suffisamment confiance en moi pour travailler de façon autonome. » — Bryan Sanchez, RN
Lorsque Bryan Sanchez, IA, infirmier originaire des Philippines et fort de plus de dix ans d’expérience, est arrivé au Canada en 2019, il a travaillé comme soudeur pour subvenir aux besoins de sa famille. « Je ne suis pas une personne exigeante », dit-il. « Alors, je me suis dit, pourquoi ne pas essayer la soudure? J’ai postulé et j’ai été accepté. »
Mais le travail n’avait rien à voir avec les soins infirmiers. Remarquant son instinct pour s’occuper des autres, le patron de M. Sanchez lui rappelait souvent de ne pas traiter les robots avec lesquels il travaillait comme des patients. Son désir de retourner aux soins infirmiers ne l’a jamais quitté.
Après trois ans, un ami lui a parlé du Programme de partenariat en matière d’expérience d’exercice infirmier sous supervision (SPEP), un programme offert grâce à un partenariat entre l’OIIO, le ministère de la Santé, Santé Ontario et des organismes approuvés par l’OIIO. Le SPEP permet aux candidates et candidats à la profession infirmière de démontrer leurs connaissances, leurs compétences, leur jugement et leur maîtrise linguistique actuels dans le cadre du processus d’inscription. Il s’agit de l’une des solutions permettant aux candidates et candidats admissibles de satisfaire aux exigences en matière d’inscription, selon leur situation particulière. M. Sanchez a compris que ce programme pourrait être un moyen pour lui de réintégrer la profession qu’il aimait.
Il a postulé et a été accepté. À l’automne 2023, il a effectué les 140 heures requises au Parkwood Institute du St. Joseph's Health Care de London, acquérant ainsi une expérience d’exercice dans le contexte des soins de santé canadiens.
« Au début, j’avais peur », a-t-il confié. « Mais, grâce à mon précepteur/ma préceptrice et à mes dirigeants à St. Joseph’s, je me suis senti entièrement pris en charge. Chaque fois que j’avais une question, ils y répondaient jusqu’à ce que je prenne suffisamment confiance en moi pour travailler de façon autonome. »
M. Sanchez a réussi le SPEP, est devenu IA et a été embauché de façon permanente par St. Joseph's. Aujourd’hui, il prodigue des soins aux patients victimes d’accidents vasculaires cérébraux, de traumatismes crâniens et de lésions de la moelle épinière. « C’est très gratifiant », dit-il. « C’est très épanouissant pour un infirmier. »
Les candidates et candidats du SPEP ne sont pas des étudiantes et étudiants
« Il est important de se rappeler qu’elles et ils ne sont pas des étudiantes ou étudiants, elles et ils ont une formation internationale en soins infirmiers », a-t-elle dit. « Elles et ils possèdent des compétences particulières, et notre rôle est de déterminer et de soutenir la manière dont ces compétences s’intègrent au système de santé canadien. » — Charmaine Madrigal, RN
Photo L-R: Ancy Xaviar, RN and Charmain Madrigal, RN
L’OIIO reconnaît que les parcours menant à l’inscription peuvent varier selon le profil et les antécédents professionnels de chaque candidate ou candidat.
L’histoire de M. Sanchez n’est qu’un exemple parmi des milliers. Selon un Rapport d’évaluation (en anglais seulement) de l’OIIO publié à l’automne 2025, 4183 candidat(e)s ont achevé le SPEP au cours des trois premières années du programme (2022–2024). Presque tous ont renouvelé leur inscription l’année suivante, et 72 % des employeurs ayant participé au sondage ont embauché leur candidat(e) à la fin du programme.
Le Centre de santé St-Joseph de Guelph est l’un de ces employeurs. Sa spécialiste en apprentissage et développement clinique, Charmaine Madrigal, IA, est elle-même une infirmière formée à l’étranger (IFE). Elle souligne que le SPEP offre aux IFE la structure qu’elles ou ils peinent souvent à trouver.
« Quand on arrive comme immigrant, personne ne vous explique clairement ce que vous devez faire », a-t-elle déclaré. « Il y a beaucoup d’informations anecdotiques, mais rien d’officiel. »
Elle a expliqué qu’à ses débuts comme infirmière formée à l’étranger, les ressources structurées étaient limitées et que de nombreux IFE devaient se fier à des conseils informels. « Nous avons fait beaucoup de progrès depuis », a-t-elle ajouté, « et des programmes comme le SPEP contribuent grandement à faciliter l’intégration des IFE au travail au Canada. »
Le SPEP contribue à changer la donne en jumelant les candidates et candidats avec des précepteurs/préceptrices qualifié(e)s, dont plusieurs à St-Joseph sont des IFE et possèdent une expérience directe du système de santé canadien.
Cette approche a porté ses fruits à St-Joseph. À ce jour, 26 candidates et candidats du SPEP y ont effectué des stages et 10 ont été embauchés, dont neuf travaillent toujours au sein de l’établissement.
Pour Mme Madrigal, le succès commence par l’état d’esprit.
« Il est important de se rappeler qu’elles et ils ne sont pas des étudiantes ou étudiants, elles et ils ont une formation internationale en soins infirmiers », a-t-elle dit. « Elles et ils possèdent des compétences particulières, et notre rôle est de déterminer et de soutenir la manière dont ces compétences s’intègrent au système de santé canadien. »
Les préceptrices et les précepteurs font toute la différence
« Nous offrons également notre aide pour des aspects comme l’évaluation des risques, la pensée critique et même les fondements éthiques de l’exercice infirmier », a-t-elle déclaré. — Ancy Xaviar, RN
Grâce à l’exercice supervisé, les candidates et candidats reçoivent un soutien structuré et une rétroaction tout en démontrant leur professionnalisme dans le système de santé ontarien.
Le SPEP repose essentiellement sur le dévouement des préceptrices et des précepteurs qui aident les IFE et les infirmières et infirmiers qui retournent à l’exercice à satisfaire aux exigences en matière de preuves d’exercice et de compétences linguistiques.
L’une des préceptrices est Ancy Xaviar, IA, qui travaille avec Mme Madrigal à St-Joseph. Comme plusieurs des candidat(e)s qu’elle encadre, Mme Xaviar est IFE, ce qui l’aide à comprendre leur point de vue. Elle a soutenu des candidat(e)s dans tous les domaines, des compétences en communication et en documentation aux technologies qu’elles et ils n’ont peut-être pas utilisées dans leur pays d’origine.
« Nous offrons également notre aide pour des aspects comme l’évaluation des risques, la pensée critique et même les fondements éthiques de l’exercice infirmier », a-t-elle déclaré.
Pour Mme Xaviar, l’apprentissage est réciproque. Certains candidat(e)s viennent d’environnements très différents de celui du Canada. « Nous avions un(e) candidat(e) qui était infirmière ou infirmier en urgence en traumatologie dans un pays du Moyen-Orient ravagé par la guerre », a-t-elle expliqué. « Nous avons donc examiné comment cet exercice hautement spécialisé pouvait être transposé ici. Comment partager ce savoir? »
Un autre atout du SPEP est le nombre croissant de candidat(e)s admis(e)s qui souhaitent devenir préceptrices/précepteurs à leur tour. M. Sanchez en fait partie. Sa préceptrice/son précepteur a joué un rôle déterminant dans sa réussite, et il espère soutenir les futures cohortes.
« Pour la prochaine génération de candidat(e)s en soins infirmiers, je veux absolument devenir précepteur et rendre la pareille », dit-il. « Je sais ce qu’elles et ils ressentent. Elles et ils ont besoin de confiance et de familiarité avec le système canadien, et je m’assurerai que cet objectif soit atteint. »